1552 Par Salignac (Manuscrit)
27 déc. 2004 michele Le quartier des Basiliques 0
Extrait concernant le territoire du Sablon orthographe conservé
La ville de Metz a de 8 à 9.000 pas de tour, n'étant fortifiée en aucun endroit et n'avait aucun rempart, ni espace pour en faire, le tout estant occupé par des bâtiments d'églises, de maisons, ni aucun boulevard que celui de la porte de champagne qui est d'une structure ronde et ancienne.
En septembre pour ne laisser aucune commodité de couvert à l'ennemi s'il voulait se loger près de la ville, ils ruinèrent les faubourgs de Saint Arnould, de Saint Clément, de Saint Pierre des champs, chose qui n'était pas de petit travail et fort périlleuse en égard à la nécessité du temps qui était de loisir d'y travailler en sûreté de sorte que plus de 200 soldats se trouvèrent ensevelis sous ces ruines avec quantité d'autres personnes qui aidaient à faire les démolitions, vrai est qu'à l'égard des grandes églises ne voulant monsieur de Guise les voir mettre par terre si la venue de l'ennemi et le sauvement de la ville ne le requerrait pas, par une nécessité absolue. les piliers qui en soutenaient les voûtes et les pans de mur furent seulement coupés et étançonné de bois de manière que l'espace d'un jour ou deux les pourrait mettre à bas quand besoin serait, ce qui arriva cinq semaines après.
Il n'y eut que Saint Arnould qui était de grande étendue et si élevée que la voûte eut peu servi aux ennemis, laquelle il fut trouvé bon d'abattre de crainte que les ennemis ne fissent l'effort de s'en saisir avant qu'on put y donner remède.
Les abbés et ecclésiastiques furent reçus dans la ville s'accommodant d'autres églises et logements. Une procession solennelle pour transférer les reliques accompagnée des seigneurs ayant chacun une torche au poing et tête nue depuis saint Arnould jusque aux frères prêcheurs. Furent également transféré les cercueils de la reine Hildegarde et aussi ceux de ses sœurs et de deux sœurs de Charlemagne etc...
En octobre on commença un rempart à l'endroit de la poterne près de l'église Saint Thiébault qui fut continué jusqu'à l'entrée de la Seille.
Environ 1.500 hommes passa tout le coup la rivière de Seille sur le pont de Magny et gagnèrent les abbayes Saint Clément, Saint Arnould et autres lieux commodes à loger. Se vinrent ranger près des ruynes de saint Pierre. Une troupe de gens à pied coulait le long des jardins pour venir gagner le lieu de saint Pierre. Pendant dix jours ils ne purent approcher jusqu'à ce que les tranchées viennent couper le chemin de la ville. Une partie des italiens qui étaient à Saint André vint y loger. L'armée campa à Saint Clément quelques nombres d'espagnols, à Saint Arnould quelques bandes de bas allemands , au pont de Magny les cavaliers espagnols.
Vers les jours de la Saint Martin plus de 300 ennemis s'amusaient à cueillir des herbes et navaux aux jardins qui sont au long de la Seille.
Monsieur de Guise fit sortir ses soldats par le pont sur la Seille près de la porte Mazelle qui a été faite, mais les ennemis les chargèrent jusqu'à un fossé plein d'eau et seulement la perte d'un seul soldat.
Le vingt novembre l'empereur arriva venant de Thionville sur un cheval blanc et visita ses troupes. Après 1/4 d'heure à cheval Charles Quint descendit au logis du duc d'Albe en un petit coin échappé du feu dans l'abbaye Saint Clément, attendant que le château de la Horgne fut ajusté et où il logea durant le siège.
Le lendemain de Noël monsieur de Guise visitant les murailles jeta sa vue du coté de Saint Pierre aux champs, ne voyant pas d'italiens pensa qu'ils l'avaient abandonné.
Le jour des innocents la défaite se fit à la vue du logis de l'empereur qui commanda à ses gens de monter à cheval et marcher jusqu'au pont de Magny.
Les ruines de Saint Pierre étaient déjà bien abandonnées, quelques vaches paissant assez près de la ville.
Des espagnols furent faits prisonniers quelques jours plus tard et ils dirent que le logement de l'empereur au château de la Horgne, l'empereur en était parti le premier jour de l'an pour Thionville.