Rue des Augustins

Cette rue était jadis nommée cul de sac du cerisier, puisqu’un cerisier était planté à son entrée près de la place Saint Nicolas.

On l’appelait encore cul de sac derrière les Augustins car elle était fermée du côté du rempart.

En 1280 la rue était tortueuse et avait été élargie par la démolition d’une grande maison située à l’angle du côté des remparts.

En 1519 jeanne de Vaulx, veuve de Jean Guillemin était l’hôtelière de l’hôtel du Cerisier.

Une boutique en construction dans la rue du Cerisier en septembre 1694, à côté du pressoir de l’hôpital Saint Nicolas, était contestée par des habitants de la rue en raison qu’elle leur cachait la vue depuis la rue de la Fontaine jusqu’au cul de sac derrière les Augustins. Ce cul de sac était devenu depuis plusieurs années un dépôt d’ordures. De plus les chariots arrivant ou sortant de la ville en attendant de pouvoir passer l’un après l’autre par la porte Saint Thiébault stationneraient comme sur une place publique, près du pressoir.

La maison appartenant au sieur Jacques Blouet était appelée de toute ancienneté maison du Cerisier. Située à l’angle des rues de la Fontaine et du Neufbourg elle faisait face à l’hôpital Saint Nicolas. En juillet 1720 cette maison avec une boutique, construite partie en bois et partie en mur, avec deux arcades à l’étage, débordait de quatre pieds environ sur la place de l’hôpital et la voûte de sa cave dépassait sous le pavé de la place. Cette maison en bon état, Jacques Blouet demandait l’autorisation de la démolir pour la reconstruire à neuf en changeant la disposition et l’alignement sur la maison de monsieur Michel, doyen de Saint Thiébault. Cet alignement permettrait d’élargir la rue lui permettant de construire une double arcade l’une à l’angle du côté de la rue du Neufbourg, l’autre du côté de la place Saint Nicolas. Une enseigne du Cerisier serait fixée à l’angle dans une petite niche.

La rue ne prit qu’en 1737 le nom de rue des Augustins quand lors de l’agrandissement du couvent, l’entrée en avait été établie dans cette rue.

La création de la place Saint Thiebault amena également un dégagement sur cette rue.

En face de la porte Saint Thiebault la rue avait été relevée de près de 6 pieds. Pour éviter d'enterrer le seuil des portes et des caves, en juillet 1740 il avait été prévu d'y pratiquer deux pentes, l'une de la porte du sieur Paul jusqu'au ruisseau de la rue Saint Thiebault (rue actuelle du Père Potot) et l'autre jusqu'à la rue d'Asfeld. Le pavé étant défectueux il était à refaire pour moitié aux frais de la ville, l’autre moitié aux frais des propriétaires. La rue des Augustins était obstruée à son extrémité par un rempart établi en 1552 le long du mur d’enceinte. Lors de la création en 1740 de la rue d’Asfeld et de la place Saint Thiebault, la rue avait été désenclavée par son débouché sur ces rue et place. Trois des maisons de cette rue étaient occupées pour deux d’entre elles par des chanoines de Saint Thiebault, la troisième appartenant à Saint Nicolas.

La rue des Augustins avait été élargie en 1900 et prolongée vers le bureau d’octroi près de la nouvelle gare. La communication avec le Sablon s’était établie en 1905 par le prolongement de la rue en passant sous le tunnel du chemin de fer (actuel pont de l’Amphithéâtre). Cette voie qui avait une circulation très importante aboutissait à la nouvelle gare de marchandises pourvue de onze quais de chargement. La continuation de la rue prenait le même nom de rue des Augustins.

Les Augustins

Les ermites de Saint Augustins fondés en 1256, étaient arrivés à Metz en 1260. Ils s’étaient installés à l’emplacement occupé auparavant par les Templiers et appartenant à cette date à Sainte Glossinde.

Ils assuraient le service de la chapelle des Lorrains près de la cathédrale et furent également longtemps chapelains de l’hôpital Saint Nicolas.

Ils avaient rendu de grands services lors des épidémies de 1490, 1517 et 1518.

Leur couvent situé hors de la porte Saint Thiebault fut démoli en 1552, son emplacement et ses jardins étant englobés dans la construction des fortifications.

Une grange ayant appartenu à Saint Thiébault avait été acquise en 1598 par les Augustins pour y établir leur couvent. Cet emplacement étant trop proche du rempart, leur projet fut abandonné.

En juillet 1654 ils avaient été autorisés à faire reconstruire une maison sur l’emplacement des fortifications de Saint Thiebault avec l’autorisation de bâtir au pied du rempart un souterrain communiquant de cette nouvelle maison conventuelle avec le jardin qu’ils possédaient encore de l’autre côté derrière le cloître.

Leur église située du côté rue des Augustins avec l’entrée de leur couvent, fut démolie en 1736 lors de l'établissement d’une nouvelle enceinte.

En 1739 lors de la construction de la nouvelle porte Saint Thiebault ainsi que la création de la place du même nom, les Augustins avaient reconstruit leur monastère en établissant l’entrée dans la rue du Neufbourg la façade étant située place Saint Thiebault. Le portail avait été décoré de quatre colonnes de granit provenant de l’ancien amphithéâtre et récupérées de la démolition de la porte du pont des morts.

Les maisons depuis l’entrée de la porte Saint Thiébault jusqu’à l’angle de la Chandellerue avaient été construites par les Augustins sur les murs des remparts dont le roi leur avait fait don du terrain par un brevet. Les religieux les louaient pour en tirer un revenu.

Les religieux possédaient également un grand jardin joignant les remparts et un magasin de deux étages avec greniers au dessus, séparés de leur couvent par le cul de sac de Chandellerue.

Le jardin qui communiquait depuis leur cloître par une voûte sous le rempart avait été vendu, vers 1740 ainsi que le magasin au sieur Paul, entrepreneur des fortifications, qui y avait fait construire deux maisons jumelées à proximité des rues Chandellerue et d’Asfeld.

La porte principale du couvent des Augustins avait à nouveau été changée en 1753.

L’église avait été démolie à la révolution et son portail démonté. Les quatre colonnes de granit de l’amphithéâtre romain, avaient été envoyées à la Malmaison pour décorer la résidence de l’impératrice Joséphine.

La partie du couvent du côté de la rue du Neufbourg fut détaché sous la révolution et vendue.

Une maison d’éducation pour jeunes gens créée dans le couvent des Augustins connut une grande vogue. Cette institution fut reprise en 1852 par les pères Jésuites jusqu’en 1858 quand ils s’installèrent à Saint Clément.

La maison des Augustins avait été alors rachetée par l’évêché pour l’affecter à une école des frères des écoles chrétienne qui jusqu’en 1872 en firent une école primaire avec des cours supérieurs d’une grande renommée.

Cette école fermée par ordre de l’autorité, la maison avait été occupée ensuite par une école municipale.

Les commerces en 1936
N° 1 charbons gros et détail, n°5 évêché de Metz, école des frères, n° 7bis Manufacture messine confection pour hommes, n°9 cordonnier, n° 11 épicerie Sanal, Café et cinéma du tunnel, n° 13 hôtel central, brasserie des messageries.

N° 2 épicerie, n° 4 café - pâtisserie, n° 12 Fimic fournitures industrielles, entre n° 12 et 14 maison de l'agriculture, office départemental des mutilés, combattants, n° 14 boucherie-charcuterie, bureau de vente de matériaux électriques, n° 16 épicerie, n° 18 coiffeur, déménagements Dumats, brasserie de Strasbourg, n° 20 bains établissements des cheminots.

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