Rue de la Chèvre

C'est une ancienne rue qui longeait le mur d'enceinte situé derrière les arcades de la place Saint Louis. Lors de fouilles il avait été retrouvé des restes de constructions romaines. Elle communiquait de la rue Fournirue à la rue des Parmentiers.

Vers 1350 la rue était désignée sous le nom de rue des Gournais, en raison de l'hôtel de la famille Gournais situé rue du Grand Cerf.

En mars 1368 Robert duc de Bar avait été fait prisonnier par les messins lors de l'affaire de Gondrecourt. Amené à Metz il avait été logé au Champ à Seille dans la maison de Jehan Jellée. S'étant évadé, il avait été repris et enfermé à l'hôtel de Jehan Gemel dans la rue des Gournais. Après une année de détention, il avait retrouvé la liberté contre une rançon de dix mille francs de Metz.

En 1376 une maison située dans la rue des Gournais, avait été vendue avec tous ses ressaiges et uzuaires (dépendances). Cette maison avait une deuxième sortie dans la rue des Bons Enfants.

En 1391 la famille Noiron, dont Simon Noiron chanoine de Verdun, possédait une maison avec cour et grand terrain dans cette rue.

Le nom de rue de la Chèvre avait été donné à la rue vers 1579 en souvenir de Collignon de la Chieuvre, un riche marchand de la rue des Gournais, qui le 7 juillet 1458 par testament avait légué ses nombreux biens aux différents religieux de Metz. En échange Collignon avait demandé à l'hôpital Saint Nicolas de placer une lampe d'olle (huile) de noix devant trois reliques dans la chapelle du Saint Esprit située sur la place Facate.

Eglise Notre Dame

église notre Dame église notre Dame - intérieur

Les religionnaires protestants avaient obtenu l'autorisation de faire leur prêche dans un jardin acheté pour une durée de soixante ans. Petit à petit ils y avaient construit un temple. En 1576 ce temple protestant construit sans autorisation, avait été fermé en 1577, puis à nouveau ouvert en 1597. Ce temple de la religion prétendue réformée avait finalement été interdit en 1598. Il restait dix sept ans avant l'expiration du bail de soixante ans.

Un collège protestant créé dans des maisons de la rue de la Chèvre avait été supprimé par un édit royal en 1634.

Le temple déserté avait été donné aux Pères Jésuites par brevet royal du 3 février 1642.

Les réformés ayant construit le temple avaient demandé un dédommagement aux Pères Jésuites qui l'avaient refusé. Leur religion n'étant que tolérée, l'édit de Nantes ôtait tous droits de revendication aux religionnaires.

Les protestants occupant une petite maison qui dépendait du temple, par arrêté du 18 avril 1642 étaient mis en demeure de quitter cette maison. Ils refusaient de laisser cette demeure dont ils avaient la jouissance pour le reste de leur bail et non pas à perpétuité.

Les Jésuites initialement en Chèvrement dans la maison de Saint Eloy, étaient entrés en possession du temple et de la maison par l'autorité du gouverneur de Metz le 26 janvier 1643.

Le temple protestant avait été démoli en 1665 et la première pierre de l'église des Jésuites avait été posée le 25 mars 1665.

Une maison de la rue Chaplerue contigüe au temple, avait été achetée pour y construire un collège. Cette maison de 90 pieds de long sur 39 de large comportait un jardin large de 39 pieds sur environ 70 pieds de long. La cour d'entrée du collège se trouvait en Chaplerue. Quatre classes étaient prévues, de 4ème, 5ème, 6ème et une classe de rhétorique. Une partie du chœur de l'église était également prévue dans le jardin attenant à la maison achetée.

Les dépendances du collège s'étendaient de la rue Chaplerue à la rue de la Vieille Intendance (rue de la Tête d'Or).

En 1735 pour terminer l'église les Jésuites avaient demandé l'autorisation de construire le portail de l'église. Des fondations avaient été prévues auparavant avec des piliers restés inachevés. La première pierre du portail avait été posée en octobre 1741.

Au XVIIIème siècle la partie comprise entre les rues Tête d'Or et Chaplerue avait été nommée rue des Jésuites.

Le 13 novembre 1762 les biens des Jésuites avait été confisqués suite à un arrêt du parlement de Metz. Un édit royal de 1764 avait même supprimé l'ordre des Jésuites qui avaient été expulsés.

Le collège avait été tenu par des régents pendant six ans, avant d'être repris jusqu'à la révolution, par les Bénédictins de Saint Symphorien qui avaient quittés leur monastère situé face à l'hôpital Saint Nicolas.

L'église pendant la révolution était devenue un lieu de réunion où se faisait la proclamation des lois aux sons d'une musique et de chants patriotiques. A chaque décade du nouveau calendrier les mariages civils y étaient enregistrés.

Au rétablissement du culte l'église avait été érigée en paroisse. La Vierge du maitre autel avait été consacrée le 11 août 1833 et les vitraux du chœur avaient été créés en 1841 par le peintre verrier Laurent Maréchal.

Un nouvel orgue avait été installé en novembre 1846 par monsieur Sauvage originaire de Metz et facteur d'orgues à Paris.

Le presbytère contigu à l'église avait été acheté en 1844 par la fabrique de l'église.

Jusqu'en 1845 lors des enterrements le cercueil était porté de l'église au cimetière par quatre fossoyeurs revêtus d'une casaque noire. Le cercueil couvert d'un drap mortuaire était placé sur un brancard porté à l'épaule.

En 1830 un nommé Robert avait essayé sans succès d'établir un service de corbillard. Puis en 1845 le nommé Didier, crieur aux ventes et tambour de la ville, avait enfin réussi à créer un service de corbillard.

Le 8 février 1682, vers cinq heures du soir, le sieur Isaac de Combles, ministre de la prétendue religion réformée, était passé par la rue de la Chèvre devant le portail de l'église des Pères Jésuites sans ôter son chapeau alors que les sacrements étaient exposés dans l'église.

Une déclarations du premier février 1669, article 33, contenait ce qui devait être observé par les personnes de la religion prétendue réformée.

Ayant contrevenu aux édits du Roi, le lieutenant général lui avait décrété une assignation pour être entendu.

Ledit de Combles avait été admonesté et blâmé pour avoir manqué de révérence et de respect envers les sacrements, en passant devant l'église où les sacrements étaient exposés et dont les portes étaient ouvertes, sans ôter son chapeau.

Il avait été condamné à une amende de vingt livres avec défense de récidiver.

Au début du XVIIIème siècle, 36 maisons se trouvaient dans la rue de la Chèvre. L'ancien hôtel de Raigecourt était devenu l'hôtel des péages consulaires pour le commerce, remplacé en avril 1791 par le tribunal de commerce.

L'alignement de la rue avait été rectifié en 1732, suivi du projet de construction du nouveau portail de l'église Notre dame en 1733.

L'imprimerie Antoine située dans la rue de la Chèvre avait été incendiée en 1801 et ensuite transférée rue Cour de Ranzières.

Par décret du 15 septembre 1810, la rue avait été élargie du côté de la rue Fournirue.

Un tribunal de prudhommes avait été créé en 1826 par ordonnance royale. Il siégeait dans les locaux du tribunal de commerce où la chambre de commerce tenait également ses réunions. Cette maison avait été convertie vers 1855 en fabrique de chaussures, suite au transfert du tribunal et de la chambre de commerce au palais de justice.

Une maison transformée en école municipale, anciennement hôtel de Villefranche, se trouvait à l'emplacement de l'imprimerie Antoine.

Une communauté religieuse, les sœurs de la Miséricorde, s'était établie vers 1875, vis à vis de l'église Notre Dame, en tant que maison d'enseignement pour les jeunes filles.

Au XIXème siècle, des demandes avaient été faites afin que le nom de rue de la Chèvre soit remplacée par celui de rue Notre Dame. L'administration municipale avait refusé le changement de nom.

Les commerces en 1936

Du n° 1b au n° 15 et du n° 2 au n° 24 remplacés par le centre Saint Jacques

N° 1 pharmacie de la croix de lorraine (Losson), n° 1b école Notre Dame, n° 5 blanchisserie, n° 9 dépôt "au Chêne lorrain" , n° 15 épicerie, n° 17 coopérative des coiffeurs, n° 19 à 25 église Notre Dame, n° 27 laiterie, boucherie, n° 29 union vinicole, n° 31 fruits et légumes.

N° 2 confiserie en gros, n° 4 épicerie, n° 8 menuiserie, n° 14 imprimerie Epstein, n° 16/18 meubles au Chêne lorrain, n° 22bis au chêne lorrain, n° 24 brosserie centrale, n° 26 boulangerie, n° 26bis pensionnat, n° 30/34 école supérieure de jeunes filles, n° 38 café "petite taverne", n° 40/42 papiers peints, n° 44 confiserie, coiffeur, n° 46 épicier.

année 1913 année 1895 année 1895 année 1951 année 1939 année 1931 année 1914

Centre commercial Saint Jacques

Vers 1970 la construction du Centre commercial Saint Jacques, avait entrainé la démolition de la partie de la rue comprise entre les rues Tête d'Or et Fournirue. Cette construction avait également détruit tout le quartier qui comprenait également les rues des Bons Enfants, Gobelcourt, Cour de Ranzières et place Chappé.


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