Rue actuelle des Récollets

Cette rue communiquant de la rue de la Glacière avec la rue de l'abbé Risse, se nommait jadis rue des Cordeliers, puis rue de la cour de Villers.

Au XIVème siècle plusieurs maisons étaient situées dans la rue des Cordeliers.

Les Cordeliers

En 1236 Odile de Belgré veuve de Simon Belgré, ancien maitre échevin, avait fait don de sa maison près des murs, aux religieux Cordeliers qui s'y étaient installés. Elle leur avait fait bâtir une église le long de la rue de la Fonderie (rue de l'abbé Risse). C'est dans cette église, près de laquelle le couvent occupait un vaste emplacement, qu'elle avait été enterrée vers 1250.

Un deuxième couvent des Cordeliers sous le nom des Frères Baude avait existé du début du XVème siècle à 1552 dans le retranchement de Guise.

Plusieurs chapitres généraux avaient été tenus par les Cordeliers dans leur couvent, l'un en 1249, suivi par ceux de 1251, 1512 et 1518.

La construction ou reconstruction de l'église avait été commencée en 1444 pour n'être achevée qu'en 1486. En juillet 1489 la foudre avait causé de grands dégâts à l'église. Cette église avait été démolie en 1804.

Les cordeliers avaient occupé la maison conventuelle jusqu'en 1602, date à laquelle ils avaient été remplacés par les Récollets.

La cour de Villers

En 1446 était citée la grande maison dite la cour de Villers appartenant à l'abbaye de Villers Bettnach.

Vers 1480 dans la cour de Villers avaient été placé le bois nécessaire à la fonte de la cloche de la Mutte, puis son placement dans la tour de Mutte de la cathédrale.

Près de la maison de la cour de Villers se trouvaient les maisons à la noire porte et à la blanche porte. La maison appelée la noire porte était située dans la rue de Villers du côté de l'allée dite cour de Freistroff et la maison dite la blanche porte était habitée par un soldoyeur de la cité.

Dans cette rue la maison de la cour de Freistroff occupée en 1496 par un tonnelier était proche des Cordeliers.

En 1557 un jardin qui se trouvait devant la cour de Villers avait été loué aux religieux de l'abbaye de Freistroff dont la tour était située près de celle de Villers.

En 1628 un vaste terrain faisant l'angle des rues de Villers (rue actuelle des Récollets) et des Cloutiers (rue de la Glacière), était la propriété de l'abbaye de Villers Bettnach. Un jeu de paume avait été établi au XVIIIème siècle dans la maison à l'angle, domicile de monsieur de Navarre.

La cour de Villers avait donné son nom à la voie de communication où elle était située.

Dans cette rue quatre maisons appartenaient à l'abbaye de Villers, une maison était la propriété le Duchat, une autre était l'habitation du chevalier de Belchamps.

Une maison au fond d'une cour avec le millésime 1692 sur une pierre et une colombe tenant un rameau d'olivier dans son bec était la seule pièce qui rappelait le refuge de l'abbaye de Villers Bettnach.

Les Récollets 1602 - 1789

Les religieux franciscains établis en Espagne dès 1481, ayant été réformés avaient pris le nom de Récollets. Le Pape les avait autorisé en 1484 à créer deux couvents.

Quelques religieux de cet ordre, avec l'autorisation d'Henri IV, avaient fondé une maison à Metz. Le couvent des Cordeliers étant vacant les frères Récollets s'y étaient installés le 28 octobre 1602.

Quelques années plus tard ils s'étaient installés dans la rue de la cour de Villers pour en être délogés à la période révolutionnaire.

Leur église avait été démolie vers la fin de l'an VIII. Après affichage dans les lieux publics, les pierres de taille et les moellons avaient été vendus par lots.

En 1626 Didier de Rancourt, vigneron, habitait la haute maison près la cour de Villers. En 1634 le capitaine François de Breuil était locataire de deux chambres situées rue de la cour de Villers.

C'est vers cette époque que le nom de rue de Villers avait été remplacé par celui de rue derrière les Récollets.

En 1751 avait été présenté un plan pour l'élargissement de la rue.

C'est au couvent des Récollets qu'avait été organisé en 1789 une assemblée pour la préparation de la révolution à Metz.

Pour les élections de juillet 1791, 80 chaises des Récollets avaient été louées pendant cinq jours. La caution avait été de 7 livres, pour la location (5 livres) et le transport (2 livres), à laquelle s'était rajoutée 18 sous pour une chaise perdue.

Réservoir des eaux de Gorze

Vers 1860 la ville avait fait construire dans une partie du jardin des Récollets un vaste bassin destiné à recevoir les eaux de Gorze. Lors du déblai de 10.000 m3 de terre, des débris de sculptures avaient été trouvés.

Ce projet de construction avait donné lieu à bien des discussions.

Monsieur Vandernoot, ingénieur de la ville, avait soumis un projet de rétablissement de l'ancien canal romain modifié. Les eaux de Gorze aurait été amenées par un canal souterrain dans un réservoir établi dans le jardin des Récollets.

Le projet communiqué au conseil municipal avait été soumis à une commission composée entre autres d'ingénieurs des ponts & chaussées et d'officiers du génie.

Monsieur Raillard, ingénieur des ponts & chaussées, avait objecté que d'après ses calculs l'épaisseur des murs du réservoir projeté n'était pas suffisante pour le volume d'eau à contenir.

Monsieur Vandernoot avait persisté, disant que l'épaisseur des murs indiquée dans son projet était suffisante.

La majorité des membres de la commission ayant adopté le projet de monsieur Vandernoot, monsieur Raillard avait demandé que son avis soit inséré au compte rendu de la séance.

Le commandant de l'école impériale d'application de l'artillerie et du génie, avait déclaré que partageant les craintes de monsieur Raillard, il demandait que son opinion soit également inscrite au procès verbal.

Après quelques discussions la commission avait adopté définitivement les conclusions de ces deux personnes. En conséquence monsieur Vandernoot avait accepté que son projet subisse les modifications proposées.

En dehors de cette modification, le projet de construction était bien conçu. Le canal allait être exécuté non à flanc de coteaux, comme celui des romains, mais au dessous du Saint Quentin.

L'immeuble au delà du château d'eau était occupé par une fabrique de chaussures. Une maison avait été construite au début du XIXème siècle dans les dépendances des Récollets et dans le vaste jardin avait été créée cette fabrique.

Une fouille en 1867 pour la construction d'un égout avait amenée la découverte d'une chaussée romaine à un mètre de profondeur. En 1876 le pavé de la rue avait été refait.

En 1870 la maison n° 1 appartenait à la ville, au n° 3 se trouvait le bureau de bienfaisance et le réservoir d'eau occupait le n° 5.

Année 1932En 1936 au n° 1 le bureau de bienfaisance était toujours présent aux Récollets, le service municipal des eaux occupait le n° 5, et la fabrique de chaussures Legris était située du n° 7 au n° 13. La maternité et la crèche des Récollets occupaient l'immeuble des n° 4 à 6.

Actuellement l'institut européen d'écologie et les archives municipales occupent les lieux.


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