Rue Saulnerie

Actuellement cette rue est située entre la rue de la Petite Boucherie et le jardin des Tanneurs.

Autrefois plus longue elle communiquait de la rue de la Petite Boucherie à la rue du Paradis. Deux escaliers permettaient d'accéder à la rue des Murs.

Anciennement elle était nommée rue de haute et basse Corrièrie, mais était plus connue sous le nom de rue des Tanneurs. D'anciens arrêtés avait assigné ce quartier aux tanneurs pour y exercer leur activité et cette rue était entièrement habitée par les gens du métier.

Différentes orthographes pour la rue entre le XIIIème et XVème siècle : Saulnerie, Saunerie, Sanerie, Salnerie, etc...

Les maisons étaient construites de façon à pouvoir y exercer le métier de tanneurs. Une façade des maisons donnait dans la rue Saulnerie alors que l'autre façade s'ouvrait sur la Seille. Au sous sol se trouvaient les travaux en cours et les dépôts de tan dans de cuves. Au dessus était situé l'atelier et les étages servaient de séchoirs pour les peaux.

L'eau de la Seille était favorable au tannage du cuir en raison de sa composition.

Ce quartier où régnait une grande activité était l'un des plus animés de la ville.

Des caves voûtées et des restes de l'ancien mur d'enceinte étaient utilisés par les tanneurs qui y accédaient par des passages sous la rue des Murs.

Les matières emmagasinées dans les maisons étant inflammables, les risques d'incendie étaient nombreux dans ce secteur.

En 1260 arrivée des Carmes qui s'étaient installés en Saulnerie avant de rejoindre la rue Marchant.

Vers 1320 un immense incendie faisant de nombreux morts, avait détruit le quartier de Saulnerie.

Au XIVème siècle deux maisons étaient situées à la montée des degrés, c'est à dire les escaliers montant à la rue des murs.

En 1502 Peltre le corrier (corroyeur) qu'on dit Peltre le Rouge habitait en Salnery, alors qu'en 1507 Niclass le taineur et son fils de 18 ans s'étaient noyés dans la fosse de leur tannerie.

Quatre maisons qui reposaient sur les anciens murs s'étaient écroulées en 1514 en haute Saulnerie derrière les Cordeliers.

Nicolas le Pallé, marchand tanneur, avait tout perdu dans l'incendie de la rue Saulnerie. En avril 1674 il indiquait s'être réinstallé dans une toute petite maison rue du Paradis, dans laquelle il avait été obligé de loger les troupes envoyé par billet. Dans la nécessité d'avoir une chambre de soldat il avait demandé l'autorisation de construire dans cette pièce une cheminée dont le tuyau aboutissait sur le front de la rue.

En 1684 quinze à seize maisons avaient été incendiées en face de l'escalier des Récollets.

Claude Maillard, guetteur de la tour de Mutte, avait demandé une gratification en 1686, pour avoir sonné la cloche en raison des incendies en Saulnerie, pendant environ un an et demi.

En 1694 un grand incendie s'était à nouveau déclaré en Saulnerie. Puis en 1697 le canal de la Seille avait été pavé.

François et Dominique Gaudrez, marchands tanneurs, demandaient le rétablissement de trois maisons anciennement détruites dans un incendie de la rue Saulnerie et non encore reconstruites. Celles-ci avec arcades de boutique pouvaient être rétablies sur les anciennes fondations situées entre le bureau des tanneurs et François Husson, faisant face au sieur Train, chaudronnier.

A l'angle du pont de la Grève et de la rue Saulnerie, en 1736 une maison de deux étages, nouvellement bâtie, appartenait aux sieurs Germain et Marchand. Face à cette maison, dont l'arrière donnait sur la Seille, la rue Saulnerie était rétrécie en raison d'une encoignure formée par la maison du sieur Thiebault. En 1738 le curé de Saint Simplice en avait demandé l'alignement en vue de la réfection de la façade de la fabrique de l'église située au bas de Saulnerie.

Par ordonnance vers 1740 les riverains de la rue avaient l'obligation d'enlever les piquets installés dans le lit de la rivière et à construire des murs de soutènement de la Seille. Le pavé de la rue étant à refaire avec une voûte, il fallait attendre la fin de la construction de trois maisons pour établir ce pavé.

Vers 1750 une maison en ruine au bas de Saulnerie était à démolir et à reconstruire près de la chambre du soldat.

Les murs servant de garde fou à l'escalier qui montait de la rue de Saulnerie à la rue des Murs, ainsi que les marches de l'escalier étaient en très mauvais état. En 1756 il était nécessaire de les démolir jusqu'au pied de l'escalier. Après réparations l'escalier aurait 5 pieds 6 pouces de large et 6 pieds au bas des marches.

En 1781 la rue portait le nom de rue Bas des Murs

Le 26 octobre 1804 pendant trois jours un incendie avait détruit toute la rue. En 1806 un arrêté du préfet avait interdit aux tanneurs de s'installer en dehors de la rue Saulnerie et des normes avaient été prises pour éviter de nouveaux incendies.

Une fontaine publique avait été installée vers 1840 quand la ville avait été alimentée avec les sources de Scy.

Le génie militaire avait arrêté vers 1842 la circulation de l'eau de la Seille pour deux mois pendant la construction de la voûte sur le canal à la Basse Seille. Les tanneurs et leurs ouvriers avaient manifesté afin que la ville leur vienne en aide.

Le 10 septembre 1874 pendant la nuit, un incendie très violent avait éclaté dans la tannerie de monsieur Bernard. Cet incendie qui menaçait une partie de la rue avait causé des dégâts considérables.

En 1936 la rue Saulnerie communiquait de la rue Fournirue à la rue Basse Seille. On y trouvait au n° 5/7 un cordonnier et des fournitures pour cordonniers, n° 11 un dépôt de papiers peints pour un magasin situé en Fournirue, n° 17/19 une épicerie, n° 21/23 un charretier, n° 27 une pension de famille, n° 33 une entreprise de peinture, n° 43 une épicerie, n° 49 une blanchisserie, n° 57 un marchand de charbons, n° 48 une boulangerie, n° 62 un marchand de charbons.


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