Quai du Rimport

Ce quai longe la Moselle depuis le pont Saint Georges jusqu'au pont des basses grilles.

Il avait primitivement porté le nom de quai du Rhimport, puis à l'installation des juifs s'était appelé Quai des Juifs pour devenir en 1816 quai de l'Arsenal et reprendre finalement son ancien nom de quai du Rimport.

En 1257 un jardin était cité en Rinport, puis en 1288 une maison en Rimport. en 1304 une maison en la ruelle de la Stuve (étuve) au Raimport.

Au XVème siècle une ruelle était dite les chevaliers chaudoille. Philippe de Vigneulles aurait habité à l'ostellerie du Rouge Lion au Rhin port ou Palromport.

Le Rhin port avait été un lieu de débarquement du bois. Ce quai était occupé par les chantiers des scieurs de long. Des murs avaient été construits en 1515 pour assainir le quartier.

Au XVIIème siècle étaient citées la maison du Lion Rouge, la petite ruelle du Rimport qui descendait vers la Moselle et la rue aux Fagots.

Dans un vieux bâtiment avait été fondée en 1619 un hospice destiné aux malades israélites qui n'étaient pas acceptés dans les hospices chrétiens. Les installations, de simples lits étaient destinés aux personnes de passage ou aux pauvres.

En 1626 un crucifix était placé sur la porte d'une maison au Rimport. Le 13 octobre 1672 le chapitre de la cathédrale y avait loué à Alexandre Morhange la maison appelée maison de l'épée.

Un hôpital proche de l'hospice avait été créé en 1739, dont les malades étaient visités par des médecins et soignés par des gardes malades.

L'année 1738 Belle Isle envisageant l'élargissement de la rue, la communauté israélite avait offert l'établissement à ses frais d'une communication avec le pont Saint Georges. Trois maisons étaient à démolir et le mur du quai à refaire.

Lors d'une visite de la voirie en juin 1740 plusieurs particuliers n'avaient pas fait faire de chenaux en fer blanc du toit de leur maison jusqu'au rez de chaussée.

Les maisons à démolir avaient été acquises par la communauté juive et la démolition avait commencée.

Nicolas Petit, marchand huilier, avait accepté qu'on démolisse une partie de sa maison et qu'il se contenterait de la partie restante.

Un de ses voisins maitre Vernier, notaire royal, n'ayant pas été informé, avait demandé à conserver sa cave qui renfermait des latrines avec la porte qui conduisait à la rivière et dans laquelle il conservait son bois. Celle-ci était enclavé dans le terrain restant à Nicolas Petit.

Ce morceau de terrain au bas du pont Saint Georges formait l'angle de la rue sur lequel Nicolas Petit projetait de reconstruire une maison. La cave de maitre Vernier empêchant la reconstruction, il demandait qu'elle lui soit laissée et qu'en compensation il la paierait avec l'indemnité qu'il attendait pour sa partie du terrain perdu.

Une maison avec des lézardes et les planchers détachés de la façade menaçait de s'effondrer le 26 mars 1783. Obligation avait été faite de la démolir dans les 24 heures.

Une excavation du pavé devant la maison de la veuve de Raphael Oury le 20 mars 1787 pouvait occasionner le renversement des voitures ou la chute des gens à pieds.

Cette excavation avait été produite par un tuyau en bois partiellement pourri qui conduisait les eaux de l'immeuble à la rivière. La conduite était à refaire en bonne maçonnerie voûtée.

La rue en septembre 1789 était totalement barrée par des tas de moellons provenant des démolitions des maisons appartenant à Olry Israël et Jacob Morhange.

Du côté de la rivière les moellons occupaient environ 12 pieds de la largeur de la rue et du côté opposé au pied du bâtiment neuf environ 9 à 10 pieds de large, de façon qu'il ne restait qu'environ 10 pieds de passage lequel était barré par des piquets.

Sur la façade de la maison un surplomb de 17 pouces soutenu par un étais posé sur la croisée du premier étage menaçait de chuter et les propriétaires étaient dans l'obligation de le démolir.

Depuis environ un an un échafaudage fait avec des cordages pourris, ayant servi à la construction occupait une partie de la rue. L'entrepreneur avait promis de terminer l'enduit et de démonter rapidement l'échafaudage.

Environ un mois plus tard, rien n'avait bougé.

Convoqués les propriétaires avaient été condamnés à enlever dans les trois jours les moellons provenant de la démolition, à arracher les piquets devant la maison de manière à libérer le passage, à démolir dans le même délai la partie de la façade neuve qui surplombait, à enlever l'échafaudage et à faire enlever les pierres de taille posées au pied du mur de la maison.

A la révolution l'hospice avait fermé mais avait rouvert peu après.

Proche de l'hospice existait anciennement un abattoir dans un bâtiment sur le quai, dans lequel avait été installé par la suite des bains destinés aux israélites.

Vers le milieu du quai se trouvait un abreuvoir et près du pont un passage pour la vidange des fosses d'aisances se jetait dans la Moselle. Des latrines publiques y étaient adossées.

Collection D. MahutUn lavoir découvert établi le long de la rivière avait été remplacé vers 1850 par deux bateaux lavoirs. Le mur du quai avait aussi été refait à la même période.

Le vieux bâtiment destiné depuis 2 siècles aux malades du culte juif avait été vendu. Pour le remplacer un nouvel hospice avait été construit en 1865 rue de l'Arsenal près de la synagogue.

La mise en place d'égouts en 1866 avaient mis à découvert les fondations d'une tour octogonale dont les murs avaient deux mètres d'épaisseur, près du pont des basses grilles.

En avril 1933 procès contre les locataires congédiés des maisons de tolérance n° 7, 10, 13, 17, 19/21, 37/39 pour les démolir.

En 1936 la ville de Metz était devenue propriétaire de toutes les maisons sauf celle du n° 29. Au n° 9/11 une boucherie, les n° 15 et 17 étant encore inhabitées.


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