Place Coislin

Le Champassaille devenu au fil du temps Champ à Seille avait pris la dénomination de place Coislin suite à la construction des casernes.

A son arrivée en 1697 au siège épiscopal de Metz, Monseigneur Henri Charles du Cambout, duc de Coislin, n'avait trouvé qu'une caserne au quai Saint Pierre.

Les militaires étaient logés chez l'habitant, occasionnant une situation de gêne par suite de la cohabitation. Les locaux des messins étant insuffisants et peu appropriés au logement des militaires, présentaient des inconvénients au point de vue de la morale et de la tranquillité des familles.

Afin de soulager les habitants, Monseigneur Coislin avait obtenu l'autorisation de construire à ses frais une caserne sur la place du Champ à Seille.

La première pierre d'un corps de bâtiment avait été posée le 29 novembre 1726. Le 4 décembre suivant les magistrats municipaux étaient allés offrir leur action de grâce à l'évêque.

Ce premier corps de casernes pour l'infanterie, se situait dans la place du champ à Seille du côté du couvent des Célestins. Cette rue composée de quinze maisons, allait du Quarteau à l'auberge du Cheval Rouge près de la place Chapelotte. Le n° 8 de cette rue était un dernier spécimen des arcades du vieux Champ à Seille, avec un escalier monumental à rampe de pierre très remarquable.

Ce premier bâtiment terminé en février 1728, d'une longueur de 47 toises sur 7 toises de large, avec 70 fenêtres et cinq portes, renfermait dix escaliers conduisant à 60 chambres et 20 chambres au rez de chaussée.

Deux pavillons pour les officiers de la garnison avec 22 grandes chambres et 22 cabinets, complétés par six cuisines et une écurie, avaient été construits aux deux extrémités de la nouvelle caserne.

Le 25 février 1728 Monseigneur Coislin en avait donné les clés aux magistrats de la ville qui avaient dressé le procès verbal de cette réception.

En souvenir de la générosité de l'évêque ces casernes avaient pris le nom de caserne Coislin, la rue allant du Quarteau aux Célestins s'appelait rue Saint Henry, celle de l'hôpital Saint Nicolas à la haute Seille était devenu la rue du Cambout, celle de la haute Seille au Cheval Rouge prenait le nom de rue Saint Charles et celle depuis le Cheval Rouge au Quarteau devenait la rue Coislin. Ces quatre noms étaient ceux de l'évêque monseigneur Henri Charles du Cambout, duc de Coislin.

Lors de la cérémonie au Champ à Seille, le duc de Coislin, en remettant les clés, avait rappelé que c'était aux habitants de la ville qu'il faisait don des casernes pour leur soulagement et le bien commun.

Les deux pavillons pour loger les officiers n'étant pas suffisants, la ville ayant acquis en 1730 des maisons sur le quai de la haute Seille ainsi qu'une petite partie du jardin des Célestins, avait fait construire un corps de caserne uniquement pour les officiers, avec une cour et des écuries qui manquaient aux deux pavillons de la place Coislin.

Commencés au printemps 1730 et terminés en 1731, l'entrée principale était près de la rue Coislin et l'autre angle près de la Chapelotte.

Les deux corps de casernes renfermaient 150 chambres à 5 lits, pouvant loger 2.250 hommes à 3 hommes par lit. Les deux pavillons contenaient 74 chambres et 68 cabinets pour les officiers.

La grille d'entrée de la caserne portait à son couronnement les armoiries de l'évêque avec celles de la ville.

Des fêtes publiques avaient été organisées le 20 juin 1731 à l'occasion de l'inauguration de cette caserne.

Un magnifique cortège composé de tous les tambours de la bourgeoisie, suivis de archers l'officier à leur tête, puis les gardes du gouverneur, les timbales et trompettes de la garnison, le premier sergent de ville sur un cheval blanc à la tête des sergents de l'hôtel de ville, les maitres échevins avec leur manteau de parade et leur toque de velours à cordons d'or et les magistrats à pieds, les sergents bourgeois avec leur hallebarde à la main et l'épée au côté, le procureur syndic en robe blanche et noire le chaperon d'hermine sur l'épaule et le bonnet carré, avait défilé dans les rues de la ville. La Mutte dès 6 heures du matin avait sonné toute la journée. Le cortège sorti à 16 heures de l'hôtel de ville, était entré à l'évêché puis à la cathédrale où un thedeom avait été chanté en musique. Sorti de la cathédrale le cortège avait pris la Fournirue , puis la place Saint Louis où un détachement de cavalerie à cheval, sabre à la main attendait le cortège pour son entrée au Champ à Seille où stationnaient les troupes. L'évêque accompagné du comte de Belle-Isle et son épouse, après lecture faite de l'ordonnance du maitre échevin, il avait été crié "vive le roi" et des coups de canon avaient été tirés. Ensuite retour à l'hôtel de ville et le soir tir de fusées .

Le régiment de Navarre avait été le premier à être installé à la caserne Coislin.

En 1738 madame de Schudy, le sieur Tritz, Suzanne Evrard fille mineure, le sieur Soudieux, avaient été autorisés à faire construire des maisons sous les arcades de la place Coislin.

Une fontaine publique portant le nom de fontaine Coislin avait été érigée en 1747. Une plaque de marbre rappelait le don de la caserne, fait par l'évêque.

Les arcades des maisons qui bordaient les quatre nouvelles rues autour de la place Coislin, furent successivement détruites par les propriétaires qui faisaient reconstruire leur immeuble. En 1753 il ne restait plus que quelques arcades sur la rue Coislin.

Des cessions de terrain sur cette place, avaient été achetées par la ville en 1756.

En 1762 plusieurs propriétaires des maisons situées sous les arcades avaient demandé l'autorisation de reconstruire la façade de leur maison.

Vers 1770 le sieur Georges Muscat, couvreur, avait été l'adjudicataire des matériaux provenant de la démolition d'une maison située sur la rampe l'abreuvoir de la Chapelotte. Au sieur Joseph Etienne avait été adjugé la démolition d'une maison située près de l'abreucoir.

Le gouvernement prévoyait en avril 1877, la restauration immédiate des casernes Coislin et Basse Seille, destinées aux troupes qui étaient attendues vers la fin du mois de septembre. Ces bâtiments abandonnés depuis sept ans étaient fort abimés. Au cours du mois de septembre les travaux pour la remise en état se poursuivaient jour et nuit.

Les magasins et greniers du Cambout, restes de l’ancienne place du champ à Seille, garnis de contreforts et d’arcades cintrées avaient été achetées par la ville en novembre 1885 pour en faire une nouvelle école.

La caserne Coislin restaurée en 1878 était de nouveau menacée d’abandon pour cause d’insalubrité. Le régiment qui l’occupait en 1888 avait été envoyé dans des baraquements en tôle sur les glacis du fort d’Arçon.

La caserne avait été détruite au début des années 1930.

Vers 1960 une gare routière pour les autobus, principalement les rapides de Lorraine, avait été créée sur la place. Cette gare avait été transférée en 1992 à l'angle de l'avenue de l'Amphithéâtre et de la rue Louis le Débonnaire.

Un projet de construction sur la place Coislin avait été abandonné et un parking payant y avait été créé.




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