Le Champ à Seille

L'orthographe la plus fréquemment rencontrée autrefois était celle de Champassaille.

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Situé près de la Seille, ce vaste terrain était entouré de maisons à arcades semblables celles de la place Saint Louis.

A la date de 1197, le plus ancien document concernait un nommé Griseburger qui habitait au Champassaille où il existait des arcades.

Au XIIIème siècle quelques maisons dont une appartenant à un nommé Barthelemy étaient situées au Champassaille.

En 1301 une stalle ou halle existait au Champassaille.

Une grosse balance ainsi qu'une petite aurait été situées en 1306 en ce lieu, sous les arcades. On y effectuait des pesées chaque mardi et chaque jeudi.

Hôpital de la Chapelotte

Cet hôpital avait été fondé par Nicole (nom masculin) de la Cour en exécution de son testament daté de 1334. L'hôpital avait été créé dans la maison ayant appartenu à Nicole de la Cour, située aux arvols (arcades) du Champassaille. Appelé Chapelotte, il n'accueillerait pour les soigner que des femmes. Le legs fait par Nicole de la Cour avait été entériné par le Pape le 8 novembre 1337. Annette de la Cour, veuve de Jean le Hungre, en était l'exécutrice testamentaire.

En 1376 Bertrand le Hungre avait fait rebâtir la Chapelotte et l'évêque en avait béni la chapelle.

Jacques de Tournay était l'un des chapelains de la chapelle vers 1490.

L'église avait été entièrement restaurée en 1634, par le sieur Aubertin, propriétaire de la maison contigüe de la Chapelotte. Par sa mère le sieur Aubertin était un descendant de la famille de la Cour, dont Nicole de la Cour était le fondateur de la chapelle.

Description de la chapelle vers 1750. C'était une petite chapelle voutée de 30 pieds de long sur 15 à 18 de large. Un caveau existait sous la chapelle et une niche au-dessus de l'autel était dédiée aux trois rois mages venant adorer l'enfant Jésus tenu sur le bras d'une statue de la Vierge. Trois autels occupaient cette chapelle construite au XIVème siècle et qui était bien abimée. Un arc boutant sur le côté de la porte portait le millésime 1567.

Cette chapelle avait subsisté jusqu'à la révolution. La petite place qui en avait conservé le souvenir était située entre la rue Coislin et l'abreuvoir.

Les joutes, les fêtes et les combats

C'était au Champassaille entouré de maisons à arcades avec créneaux percées de petites ouvertures que se célébraient les joutes, tournois, réjouissances et cavalcades.

Les charpentiers avaient construit un enclos où seuls les combattants, le maitre échevin et les témoins désignés étaient autorisés à entrer.

Une troupe armée se trouvait au dehors du champ clos et les portes de la ville étaient fermées durant les combats.

C'était là que les querelles se terminaient, mais aussi que les jours de fêtes des joutes, des tournois et des cavalcades étaient organisées.

Les combats

Le 6 mai 1482 combat entre un soldat de la cité de Metz et un homme d'armes. Ce combat très long avait duré deux heures lorsque les seigneurs le firent cesser.

Le 14 avril 1483 un autre combat entre Jean de Saint Mihiel et le sieur Hurtal écuyer. Les deux combattants s'attaquèrent d'abord à la lame, puis avec une masse d'armes en plomb, suivi ensuite avec l'épée. Ils se blessèrent tous deux à maintes reprises, parfois gravement sans cependant entrainer la mort. Les seigneurs qui assistaient à ce duel ayant remarqué que les deux hommes étaient à bout de force, avaient fait cesser le combat.

Les joutes

Une joute entre deux chevaliers avait eu lieu en 1370.

En 1436 joute à cheval entre sept gentilshommes.

En 1468 joute entre les jeunes fils des seigneurs Collignon Remiat, François le Gournais, Glaude de Marche, Philipe de Raigecourt et Jean de Serrieres. Le gagnant avait été Collignon Remiat.

Quatre hommes d'armes au service de la cité, s'étaient livrés à une joute à cheval en 1490.

En 1511 François le Gournais avait organisé des joutes entre ses gens et d'autres jouteurs. Les jouteurs étaient tous armés, sans selle et sans étrier. Sous leur harnais ils étaient vêtus d'habits fourrés rempli de foin. Ils se jetaient tant de coups que l'un des serviteurs de François le Gournais tombé de son cheval était mort.

Les tournois

Un tournois s'était déroulé au Champasaille en 1369, puis en 1461, 1487 et 1491.

Les fêtes

Le jour de Noël 1356 l'empereur Charles IV avait tenu une cour plénière en la place du Champ à Seille transformé en parc entouré d'une clôture. De grandes fêtes avaient été données et un banquet servi à l'Empereur sous un tente. L'impératrice avait été servie à une table séparée.

Le deuxième dimanche de carême 1413, danses autour d'une grande tour.

Le 18 septembre 1480 une grande fête avait été donnée à l'occasion du mariage de Regnal le Gournais avec Barbe fille de Michiel, écuyer. La fête s'était prolongée dans la salle dite Saint Jehan du celiez où l'on avait dansé pendant toute la semaine.

En 1490 le 23 mai, dimanche avant la Pentecôte, les messins avaient fait grand festin.

En 1511 les messins avaient organisé plusieurs fêtes à partir du 15 janvier jusqu'au carême. De jolies cavalcades furent organisées avec des personnages vêtus de riches costumes.

La cervoiserie

L'hôpital Saint Nicolas possédait au Champassaille la maison de la cervoiserie, située derrière la Xuppe, où se fabriquait la bière ou cervoise dont l'hôpital avait le monopole. Une grande chaudière permettait de brasser six tonnes de cervoise.

En 1628 il existait quatre autres cervoiseries qui payaient à l'hôpital Saint Nicolas une redevance pour la fabrication de la bière et de l'hydromel.

Xippe ou Xouppe ou Xuppe

Instrument de supplice correctionnel

A quelques pas de la Seille se trouvait un égout rempli d'eau et d'immondices du quartier. Les individus condamnés pour une faute ne méritant ni la mort, ni la mutilation des membres, y subissaient un supplice appelé xippe. Au dessus de ce cloaque était installé un poteau garni d'une poulie à laquelle était fixée une cage. Les condamnés à la xippe étaient enfermés dans la cage dénommée Bassin qui aussitôt était plongée dans l'égout par le bourreau. Plongée à plusieurs reprises dans ce cloaque, la victime enfermée dans la cage se vautrait dans la fange. Les assistants à cette punition y prenaient du plaisir jusqu'à ce que les hommes de garde en fassent cesser l'exécution.

Devant la xippe se trouvait une croix de pierre et sur la place était situé le pilori devant la brasserie de l'hôpital.

Le 28 avril 1490, le capitaine Jean de Vy ayant voulu battre son hôte, avait été arrêté et conduit à l'hôtel du doyen où traduit devant la justice il avait été condamné à subir le supplice de la xippe. Conduit au Champassaille en présence des sergents de la cité, il avait été descendu jusqu'à l'orifice de la xippe et gracié il ne fut pas descendu dans le cloaque.

Un habitant de Vallieres ayant vendu au mois de décembre 1503 les échalas de ses vignes à deux personnes différentes, avait été condamné à sauter dans la Xieuppe.

En 1510 de faux monnayeurs avaient été condamnés à être bouillis dans une chaudière pleine d'huile, installée au Champassaille.

Deux hommes avaient été condamnés à sauter dans la Xieuppe le 13 mai 1511. L'un puni pour mauvaise conduite avait joué à des jeux défendus, l'autre parce que marié il avait vendu sa femme pour 60 sous.

Le 28 juillet 1524 une jeune femme et son mari ayant débauché une jeune fille d'outre-Seille avaient été mis au carcan, puis bannis pour 10 ans.

Le maitre d'école de Sainte Ruffine avait été condamné en 1582 à être brulé vif au Champassaille pour avoir appris aux enfants à mépriser Dieu.

En 1614 une jeune fille avait été brulée pour infanticide, le 29 octobre 1615 le boulanger Mangin Conrad accusé d'inceste avait été pendu et brulé, le 26 mars 1616 une femme de Plappeville avait été exécutée pour relation charnelle avec son gendre, le 8 avril 1617 des époux furent pendus et une petite fille fouettée et marquée, pour avoir volé des joyaux chez le sieur Bello.

Vers 1630 un gentil homme habitant Marsal, avait tué le postillon du roi et volé sa correspondance. Il avait été condamné à être étranglé, puis écartelé au Champassaille.

Ces atrocités avaient disparu après que fut créée à Metz la cour du parlement au mois de janvier 1633.

Quelques cas avaient subsisté jusque 1730.

Le 7 juillet 1638 un nommé Garleloup de Thiaucourt, arrêté au pont des morts, disant qu'il avait mérité la mort, avait été dérompu au Champassaille. Il aurait apparemment tué plus de 80 hommes et mangé six cœur de jeunes filles après les avoir violées.

Raphael Levy juif de Metz qui avait été brulé vif sur cette place en 1670 pour rapt d'un enfant, a été récemment réhabilité.

En août 1675, une partie de l'armée du maréchal de Créqui vaincue devant Trèves était venue camper au Champassaille. Voulant punir la désobéissance de cette armée, cinq soldats tirés au sort avaient été pendus immédiatement.

Un garçon de l'hôpital Saint Nicolas avait été brulé vif en 1729 au Champ à Seille pour profanation d'une hostie.

Le 1er septembre de la même année, une fille de 20 ans ayant assassiné ses maitres et les ayant coupés en morceaux avait aussi été brulée vive.

Antoine, 27 ans, ayant blasphémé en 1730 contre les saints mystères, la langue qui lui avait été coupée fut brulée.

Le guet

En 1444 la maison de la maréchaussée de la ville, avec une tour de guet, était tenue par Jehan Wairin et sa femme Catherine. De tous temps le guet de nuit, soit à pied soit à cheval, se tenait sur la place du Champasaille.

Les hommes de guet veillaient qu'aucun bourgeois ne soit dans les rues sans lumière après la retraite. Celui trouvé armé de bâtons était mené à la maison des Treize.

D'après un règlement de 1515, l'équipe du guet était composée de 48 hommes dont 16 étaient de service chaque nuit. Des armes et des bâtons leur étaient fournis par la ville qui les payait un florin de Metz, plus 25 sols pour ceux à cheval et 15 sols pour ceux à pieds.

La construction en 1718 d'un corps de garde dans le champ à Seille était une nécessité. Construit à la droite de la croix en entrant dans la place, c'était le projet qui convenait le mieux car éloigné de 10 pieds des maisons voisines.

Plaids annaux

Le jour des plaids annaux le maitre échevin se rendait en la loge du Champassaille, avec les échevins pour y faire proclamer les droits et règlements.

Ainsi le 20 septembre 1515 les commerçants par ordonnance de justice, huchaient (annonçaient) que chacun fut prêt en armes pour se trouver au Champassaille en raison des nouvelles que plusieurs troupes ennemies arrivaient pour piller les villages aux environs de Metz.

Le lundi 30 août 1490 pendant les plaids annaux et la lecture des droits, il y avait sonnerie de la Mutte de la cathédrale.

La lanterne

Au XVème siècle proche de la xippe, était une maison avec la grange et le jardin donnant vers les remparts ainsi qu'une maison dite la lanterne.

Au Champassaille se trouvait une maison appartenant à la ville, dite la Lanterne, où les frères prêcheurs avaient été logés provisoirement en 1552, lorsqu'ils avaient quitté leur couvent situé rue aux Ours pour le laisser aux religieux de Saint Arnould.

En 1569 Jean Guerard était l'hôtelier de la lanterne.

En 1622 cette maison appartenant à Henry de Ficquelmont était dite située sur la rivière Seille, proche de celle de Philippe de Vigneulles.

Maison et ruelle du cheval blanc

Au XVème dans la ruelle allant vers les Célestins se trouvait une maison appelée le cheval blanc. Une maison avec enseigne "le cheval blanc" citée en 1642 , se trouvait entre les Célestins et la ruelle dite la Chape. En 1648 les pères Célestins qui possédaient quatre maisons, dont la maison du cheval blanc, en avaient fait murer les portes des logements.

Une grange ruinée située dans la ruelle du cheval blanc, avait été réunie le 23 septembre 1656, au jardin du couvent des Célestins. Le 7 décembre suivant une autre grange ruinée à proximité, avait également été réunie au jardin des Célestins.

Les religieux du couvent des Célestins étaient toujours propriétaires en juin 1724 de la maison à l'enseigne du Cheval Blanc. Des réparations étant à faire, les religieux proposaient de changer la façade sans toucher à l'alignement des arcades. Cependant ces arcades étant très abimées ils envisageaient de les reconstruire.

Divers

Vers 1450 à la maison de la Marchalrie située au Champassaille, on y trouvait des cordes et des sangles pour les chevaux qui étaient ferrés à cet endroit.

Le marché des bêtes à quatre pieds se tenait sur cette place.

Clément Etienne Moré fermier du Pied Fourchu faisait une demande de construction le 9 avril 1709. Il lui était nécessaire pour l'administration de sa ferme, qu'une boutique en bois soit construite devant sa maison, lui permettant de distribuer des billets au public lors de la venue des bestiaux. Cette billetterie faite en planche pourrait également servir de bureau. L'accord de construction leur avait été donné pour le restant de leur bail.

Les fermiers de la boucherie afin de faciliter l'exploitation de leur ferme, avaient demandé l'autorisation en 1726 de construire une loge en maçonnerie couverte d'ardoises sur le terrain attenant au corps de garde. Après trois années de bail, les adjudicataires leurs succédant seraient libres de garder la loge ou de la démolir. L'accord de construction avait été accordé.

Vers 1499 les tanneurs se réunissaient dans leur halle située au Champassaille, une maison allant jusque sur la Seille, dite la halle des tanneurs.

Le cardinal de Lorraine étant évêque de Metz n'étant pas encore venu à Metz, vint chasser dans le bois de Gorze le 3 octobre 1521, avec son frère l'évêque de Verdun. Ensuite ils se rendirent à Metz où n'étant pas connus on ne leur fit ni réception, ni honneur. Le prince de Lorraine se promena dans la ville où il visita l'abbaye Saint Pierre, l'hôtel de monseigneur d'Emery et le Champassaille pour y découvrir la Xouppe. Il envisageait également de monter dans le clocher de Mutte. Ayant été reconnu à l'abbaye Saint Vincent, il renonça à son projet et repartit le lendemain de grand matin.

En 1524 monsieur Emery, échevin, avait érigé une chapelle dans son hôtel de Champassaille et la faisait desservir par Jehan , dit du Foin, chanoine de la collégiale de Saint Thiebault.

En septembre et octobre 1639, les bestiaux et le mobilier des laboureurs et des vignerons qui habitaient dans les villages autour de Metz, étaient pillés par des bandes de ravageurs organisés. Les malheureux désolés d'être ainsi ruinés, se plaignirent de cette situation. Le gouverneur de Metz avait chargé le capitaine messin de repousser les pillards. Celui-ci quelques jours plus tard, avait amené au Champassaille environ 1.500 animaux (porcs et moutons) repris aux pillards pour les vendre aux enchères.

Publication en 1687 par voie d'affiche, de la location d'une maison appartenant à la cathédrale, située près de la Chapelotte, dite au petit Saint Jean.

Le 24 mai 1698 un violent incendie avait détruit trois maisons à arcades situées au Champassaille.

L'ancien cimetière avec le charnier des pauvres de l'hôpital Saint Nicolas se trouvait derrière l'hôpital au Champassaille.

En 1703 Jean Baptiste de Laubrussel, conseiller au parlement, possédait une maison sous les arcades du Champ à Seille, avec une petite grange ayant servi autrefois de boutique à un artisan et qui avait été murée depuis quelques années. Il lui appartenait également sous la même arcade une autre maison avec aussi une petite grange. Les voisins étaient le cordonnier Louis Salomon et le maréchal ferrant Charles Perrin.

Avant 1730 la foire de mai qui durait trois jours se tenait au Champ à Seille. Prolongée de six jours, elle fut ensuite transférée vers l'esplanade de la citadelle.

Après cette date le Champ à Seille avec la construction des casernes, avait pris le nom de place Coislin.

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