Rue de l'Arsenal - Rue du Rabbin Elie Bloch

Du bas de la rue des Jardins à la rue Paixhans, ces deux rues avaient à l'origine pour seul nom rue des Juifs.

La rue avait ensuite été nommée rue de l'Arsenal en raison de la construction du dépôt d'artillerie au retranchement de Guise.

En 1565 quelques juifs avaient obtenu l'autorisation de séjourner à Metz pour une durée d'un an. Deux ans plus tard, quatre familles avaient reçu un permis de résidence dans le quartier Saint Ferroy contre une somme de 200 livres à payer chaque année au profit des pauvres.

Au tout début du XVIIème siècle 24 familles juives étaient installées à Metz. Il leur avait été permis d'acheter des maisons uniquement dans le quartier qui était délimité par des crucifix en pierre à l'entrée de la rue des Juifs et dans la rue Saint Ferroy vis à vis de la ruelle aux Foins.

Ils étaient autorisés à prêter de l'argent pour un temps limité. Payant des charges publiques, 150 livres supplémentaires étaient à régler chaque année pour le pain des prisonniers de la conciergerie.

Portant un costume et obligés d'avoir un chapeau jaune, lors des dimanches et fêtes catholiques ils n'avaient pas l'autorisation de quitter leur quartier.

En 1619 dans une vieille maison à ouvertures ogivales, avait été établie une synagogue. Les hommes avaient un local distinct des femmes.

Un préjugé les accusait de faire revivre la passion du Christ par la crucifixion d'un enfant chrétien. Ainsi en 1670 le juif Raphael Lévy avait été brulé, le parlement étant convaincu qu'il avait enlevé un enfant pour célébrer les fêtes juives.

Des vendeurs catholiques de fruits et légumes s'installaient vers 1699 devant la synagogue, contre la volonté du curé de Sainte Ségolène, mais avec l'assentiment des israélites.

Une petite maison extrêmement vieille avec son petit jardin du côté des remparts, était en ruine en août 1706. Reconstruite cette nouvelle construction englobant le jardin avait une face sur la rue des Juifs et l'autre face sur le rempart.

Une autre maison proche des grilles du Rhimport était à reconstruire en 1708 avec une porte d'entrée et deux fenêtres donnant sur la Moselle. Une autorisation avait été demandée pour faire une canalisation donnant dans la rivière.

Une maison au bout de la rue avec une cour à l'arrière donnant sur le rempart appartenait au sieur Limbourg. Celui-ci en 1713 souhaitait y construire une maison de trois étages, mais n'ayant pas suffisamment de place pour un escalier, il demandait l'autorisation de le construire du côté du rempart sur une longueur de 12 pieds tout en laissant un passage pour qu'un char de foin puisse y circuler.

Vers 1715 pour marquer les limites du quartier de nouvelles bornes avaient été plantées et un crucifix transféré dans le cimetière de Sainte Ségolène.

En 1718 par lettres patentes les juifs avaient été soumis à une rente de 40 livres par famille en faveur du duc de Brancas, remplacée par une somme globale de 20.000 livres.

Michel Picard se disait propriétaire dans la rue des Juifs d'une maison donnant sur une petite place située au bas de la rue des sœurs Colette. Le pavé sur la place devant sa maison servait au dépôt de matériaux pour la construction des nouvelles maisons dans les environs. Du bois de chauffage y était déchargé pour le scier ou le fendre. Cette place était considérée comme publique, néanmoins Michel Picard avait reçu l'ordre de faire réparer le pavé. Celui-ci avait réclamé que les frais soient à la charge de la ville. La ville avait ordonné en août 1721 que le pavé soit à la charge du propriétaire sur 12 pieds de large devant sa maison. Le surplus du pavé de la place jusqu'au ruisseau de la rue serait à la charge de la ville.

David Oulef possédait une maison faisant face au rempart sans aucun voisin ni à droite ni à gauche. Pour une reconstruction à neuf, en mai 1724 il avait obtenu du directeur des fortifications l'autorisation d'empiéter sur le terrain du rempart à condition d'y construire un mur soutenant le rempart en laissant 12 pieds de large pour le chemin.

En avril 1728 il se trouvait dans la rue quantité d'immondices et de trous où croupissaient des eaux, rendant la rue impraticable pour les passants.

Trois ou quatre maisons formant un bloc avaient des murs séparatifs communs dont une maison plus élevée comportant cinq étages. Certains murs avaient été construits en porte à faux et n'étaient soutenus que par le plancher. Les murs de façade étaient à reconstruire en les liant tous ensembles pour maintenir les différents immeubles. A cet endroit en juin 1729 la rue n'avait de largeur que 7 pieds 13 pouces alors qu'à un autre endroit elle mesurait 14 pieds 10 pouces.

D'après une ordonnance de 1734 tout israélite venant résider à Metz devait payer 45 livres de droit d'habitation.

En 1733 le carrefour où aboutissaient les rues des casernes, des juifs, de la grande boucherie et du pont Saint Georges rendaient cet endroit très fréquenté.

L'entrée ou la sortie du quartier des juifs du côté des casernes Saint Pierre était resserrée le bout de la rue n'ayant que 9, 10 ou 12 pieds de large et la rue étant masquée par la maison d'un boulanger. Il n'était presque pas possible pour les voituriers d'entrer ou de sortir de la rue ni de se rendre du côté du pont Saint Georges sans risque.

Pour rendre l'accès plus facile, il avait été prévu que la petite maison vis à vis de l'abreuvoir et une partie de l'ouvroir ainsi que la maison suivante seraient démolies, puis ensuite rétablies avec un angle rentrant de 6 pieds.

En 1738 l'entrée de la rue avait été rélargie.

506 ménages soit 1960 personnes habitaient en 1740 dans les 161 maisons du quartier qui leur était assigné.

La communauté des juifs était propriétaire en 1743 de la boucherie située dans la rue des Juifs et dont l'autre façade donnait sur le quai. Celle-ci avait toujours eu un égout qui conduisait les eaux dans la Moselle, de même que toutes les autres maisons donnant sur le quai.

Le bureau des finances de la ville avaient bien voulu le laisser dans le même état qu'il était avant la construction du quai. La communauté juive s'était cependant trouvée dans la nécessité de démolir l'égout pour en reconstruire un nouveau capable de résister aux voitures qui passaient et repassaient journellement dans la rue.

En 1766 une maison située dans le quartier et appartenant à la cathédrale avait été vendue aux juifs.

La communauté des juifs en 1783 désirait embellir la façade de leur synagogue par un blanchissage, la permission leur avait été donnée le 22 juillet.

Située vers le milieu de la rue, l'angle inférieur de la maison dite du crucifix excédait la toiture de la maison voisine et se trouvait en très mauvais état avec des chutes de pierres et des lézardes dans la façade. Ne connaissant pas le propriétaire les juifs avaient dit que le sieur Jonas demeurant rue des sœurs Colette était chargé de l'entretien de la maison puisqu'il en encaissait les loyers. Jonas Levy avait déclaré le 7 septembre 1786 que pour éviter de plus grands frais, il promettait de faire toutes les réparations nécessaires à l'angle de la maison.

Les juifs de Metz avaient une existence légale. Par décret de 28 septembre 1790, déclarés citoyens français ils étaient au nombre de 3.000 à Metz.

Le 26 décembre 1794 le commissaire des guerres avait procédé à la vente de 200 moutons qui étaient parqués dans la synagogue.

Une école primaire israélite avait été créée en 1818. Création également d'une école rabbinique en 1829 au n° 47.

La synagogue créée en 1619 avait été interdite en 1844 en raison de sa vétusté. Une nouvelle synagogue avait été construite en 1848 et inaugurée le 30 août 1850.

En 1865 construction à côté de la synagogue de l'hospice israélite, auparavant situé au quai des Juifs.

En 1870 se trouvaient au n° 41 à 45 le temple israélite, n° 47 à 51 l'hospice israélite, n° 59 l'école primaire israélite, n° 71 à 73 le consistoire israélite, n° 75 à 77 la salle d'asile logement des pauvres.

En 1904 le quartier n’était plus recherché par la population juive qui lui préférait les quartiers du centre.

Les commerces en 1936

N° 1/3 Bar Franco-Espagnol, n° 7 coiffeur, n° 9 lingerie, n° 11 cafetier, n° 15 boucherie, n° 23 épicerie, n° 25 boulangerie, n° 27 vins au détail, n° 29 boulangerie, n° 35 boulangerie, n° 41 synagogue et hospice israélite, n° 61/65 épicerie, n° 67 les Eco, n° 69 épicerie, n° 71 caisse centrale de secours israélite, n° 83 transports,

N° 2/4 café, n° 6 épicerie, n° 16 épicerie, n° 18 boucherie.


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