Quai Félix Maréchal

Collection D. Mahut

Anciennement ce quai désigné sous le nom de rue des Moulins, avait été nommé rue Saint Pierre lors de l'arrivée des Dames de Saint Pierre au XVIème siècle.

Il était aussi dénommé rue du quai Saint Ferroy parce que situé presque en face du quartier Saint Ferroy. Devenu quai Saint Pierre, puis à la fin du XVIIème siècle lors de la construction de la caserne, la rue avait pris la dénomination de rue de la Cazerne Saint Pierre jusqu'à la rue Glatigny.

En 1871 après le décès du maire de Metz qui demeurait au n° 23 de la rue, il était devenu quai Félix Marechal pour rappeler la mémoire de celui-ci.

Félix Maréchal, médecin ayant étudié les effets du choléra, s'était dévoué envers ses concitoyens lors des épidémies. Il avait également publié une chronologie de ces épidémies dans la région messine. Son buste œuvre du statuaire Petre, est toujours visible sur sa tombe au cimetière de l'est.

De la maladrerie Saint Antoine située dans la rue, au XVème siècle il restait une ancienne maison dont le tympan ogival d'une petite porte était occupé par de jolies sculptures fort mutilées.

Les chanoines avaient acquis les biens du prieuré de notre Dame des Champs en dehors de la porte Saint Thiebault abandonné depuis le siège de 1444. Après restauration ils en avaient fait une succursale. Lors du siège de 1552 ceux qui l'habitaient s'étaient retirés à la maladrerie du quai Saint Ferroy.

Le couvent des cordeliers établi en 1425 au grand Meize, avait été détruit en 1552 pour les besoins de la défense lors du siège de Metz. Ces religieux ou frères Baudes s'étaient réfugiés dans une partie de la maladrerie Saint Antoine. Pour avoir conspiré pour livrer la ville aux Espagnols, les uns avaient été pendus et les autres bannis.

En 1562 les bâtiments de la commanderie avaient été cédés aux religieuses de l'abbaye royale de Saint Pierre obligées de quitter celle-ci lors de la construction de la Citadelle.

L'hôpital Saint Jacques, un hospice de nuit pour les voyageurs existait au XVIème siècle à l'extrémité de la rue des Moulins

Plusieurs bâtiments situés sur les Moulins avaient été brulés en 1509 lors d'un grand incendie.

Le moulin de la ville, dit des quatre tournants, avait été construit en 1545 à côté de deux maisons d'étuve. Une autre étuve se trouvait sur les moulins, près de la Boucherie Saint Georges.

Un membre de la famille de Heu possédait un hôtel sur le quai. En 1563 il avait été acheté pour le réunir à la commanderie Saint Antoine cédée aux religieuses de Saint Pierre.

Le quai était situé sur d'anciennes constructions romaines. En 1569 sa muraille qui servait d'enceinte avait été réparée. Au XVIème siècle, le quai ne communiquait qu'avec la rue des Roches dont les maisons se prolongeaient jusqu'à l'emplacement de la rue des Piques. De plus à l'autre extrémité la rue se terminait au niveau de la rue de Glatigny où se trouvait la petite citadelle.

En 1627 installation dans cette rue d'une chaufferie pour les pauvres, dite chaufferie de Saint André.

En 1707 vente d'une maison sur les moulins, devant les casernes Saint Pierre avec sortie sur le cul de sac appelé la petite citadelle.

En juillet 1720, conflit entre François Mengin et Georges Berthe au sujet d'un chéneau qui déversait ses eaux devant la porte de Georges Berthe. Un autre chéneau jettait ses eaux sur le pavé de François Mengin à l'arrière de sa maison qui aboutissait à la petite citadelle. Suite à cette situation l'arcade en pierre de taille de la boutique appartenant à François Mengin avait été abimée. Il lui fallait dépendre ses volets ne pas les laisser ouverts à l'ouverture de sa boutique et les raccrocher le soir lors de la fermeture.

En 1691 construction d'une caserne sur le quai pour y loger les troupes de passage. Auparavant ces troupes logeaient chez l'habitant.

Cette caserne avec des écuries au rez de chaussée, était composée de deux étages contenant 200 lits. Elle occupait tout le quai jusqu'à la rue Glatigny.

La caserne avait encore été agrandie en 1745 pour y loger un corps de troupe, avec un pavillon pour officier et un corps de garde à l'extrémité.

Le quai avait été élargi en 1739-1740. Un nouveau mur avait été construit le long de la Moselle un peu en dedans du lit de celle-ci. Lors de la démolition des fondations de l'ancien mur avaient été trouvées de grosses pierres taillées. Au niveau du raccordement avec la rue des jardins le quai avait été rehaussé d'un mètre pour donner une pente plus douce à cette rue.

Les rues des Piques, de Glatigny, d'Alger et de Boucherie Saint Georges aboutissaient à ce quai.

Du côté de la Moselle la ville était défendue à chaque extrémité par deux châteaux, l'un à l'abreuvoir Saint Jean près du moyen pont et l'autre vis à vis de la rue Glatigny nommé au XVIIème siècle la petite citadelle.

Vers 1755 les deux châteaux avaient été démolis dont la petite citadelle, ainsi que quelques maisons environnantes.

Cette petite citadelle formait un cul de sac dont l'entrée se trouvait à l'extrémité du quai vis à vis du dernier angle des casernes de cavalerie.

Un lavoir à air libre avait pris place le long de la Moselle et son accès se faisait par le chemin de hallage de l'abreuvoir.

Dans la caserne Saint Pierre inoccupée depuis un certain temps une manufacture avait été installée en 1761. De la toile, de la futaine, de la mousseline étaient tissées sur une quarantaine de métiers dans cette entreprise employant de nombreuses femmes au métier de fileuses. La caserne avait été démolie en 1816 et une esplanade créée sur son emplacement. Des arbres avaient été plantés pour en faire une promenade pour les habitants du quartier.

Vers 1930Les revendeurs de tous objets avaient quitté la place Saint Étienne qu'ils obstruaient pour s'installer au quai Saint Pierre à l'endroit des anciennes casernes. Ce lieu était parfois désigné sous le nom de quai de la Ferraille ou esplanade des Juifs dont un grand nombre habitait à proximité.

La vente des vieux objets commençait à six heures du matin pour se terminer à midi précis. A partir de cette heure l'emplacement redevenait une promenade ombragée sous les beaux arbres de l'esplanade.


Vers 1930 Vers 1930

Vers 1850 découverte d'un bas relief représentant quatorze personnages à cheval qui avait été déposé au musée.

En 1849 une société de charité appelé Chauffoir installée sur le quai servait pendant l'hiver une soupe dans une salle chauffée aux personnes sans abri.

Au XIXème siècle, au n° 11 une échoppe était occupée par le savetier Victor Napoléon Lepetit, un artiste modeleur très populaire à Metz. Au n° 15 se trouvait l'imprimerie Mayer Samuel, mais aussi un dépôt de fers de la maison Marchal tenue par monsieur Bastien dans un bâtiment de l'ancienne commanderie Saint Antoine, sans oublier au n° 2 le moulin des quatre tournants.
Collection D. Mahut Collection D. Mahut
Vers 1930

En 1936 se trouvaient

au n° 2 moulin, n° 3 atelier de vulcanisation, n° 5 menuiserie, n° 7 vitrier, n° 11 électricien, n°13-15 dépôt de la quincaillerie Vincent, n° 19 tailleur, n° 21 entreprise de peinture, n° 25 brocanteur, n° 27-29 commerce de soldes, n° 33 relieur.
Année 1929 Année 1929 Année 1931 Année 1948

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