Rue de la Garde, des voitures à chevaux au Mettis

Les pavés

Déjà en décembre 1721, à l'angle du jardin de l'abbaye Saint Arnould la descente était impraticable en raison de la trop forte pente où les voituriers ne pouvant retenir leurs chevaux allaient heurter le mur du jardin du côté des écuries. Un an plus tard il était envisagé d'adoucir la pente pour la rendre praticable. Le pavé existant étant arraché, celui encore en bon état serait réutilisé.

Donné et repris

Le 30 avril 1758 une partie d'un terrain attenant à la nouvelle rue et appartenant au roi, avait été cédé aux officiers municipaux avec l'obligation d'y faire construire rapidement une maison ayant une façade identique à celles des maisons construites précédemment. En 1759 aucune construction n'avait été commencée.

Il était probable que leurs revenus ne leur permettaient pas de faire cette dépense et le Maréchal Belle-Isle proposait d'offrir ce terrain à un particulier Simon Bourguignon qui était maréchal ferrant. Ce dernier proposait d'y construire une maison sans délai. Belle-Isle lui promettait d'expédier rapidement le brevet de don lui assurant la propriété du terrain.

Simon Bourguignon souhaitait conserver les restes d'une maison ayant appartenu au sieur Meunier (maison ayant appartenue au sieur Meunier et acquise par sa majesté) pour l'agrandir à côté des écuries de la ville en bas de la rue de la Garde. La nouvelle maison était prévue sur quatre niveaux, comportant au rez-de-chaussée trois portes et trois fenêtres et à chacun des trois étages six fenêtres par étage.

Le Maréchal de Belle Isle par lettre datée du 20 juin 1759 à Versailles, en avait informé Monsieur de Rozieres directeur des fortifications de Metz.

Simon Bourguignon avait obtenu la permission de construire à neuf la maison prévue, le 10 juillet 1759 et envisageait d'achever cette construction avant la mauvaise saison.

Toujours un problème de pavés

Extrait des risques encourus dans un Compte-rendu du 8 février 1788

La nouvelle rue dite de la Garde exécutée sous l'autorité du Maréchal de Belle-Isle avait principalement pour but de servir aux passages des convois militaires de munitions et surtout des poudres de guerre pour leur éviter de traverser la ville avec les risques d'explosion que cela comportait.

En mai et juin 1781 sur ordre de la cour, six cent milliers de poudres partaient pour Brest. Sortant du magasin de Saint Thiebault, tournant à l'abbaye de Sainte Glossinde et suivant l'esplanade les voitures à chevaux passaient par la rue de la Garde pour gagner le moyen pont.

Les pavés de la rue de la Garde déjà dégradés avaient donné au responsable de l'opération, monsieur de la Chapelle de Bellegarde, une forte inquiétude. Le service de l'artillerie dont le détail lui était confié, lui imposait l'obligation de prévoir d'avance tout ce qui pourrait être un obstacle à l'exécution avec sureté et tranquillité publique de ce transport.

Les grands cahots que les pavés occasionnaient aux voitures risquaient de tamiser les tonnes de poudres, dont une quantité de pulverina pouvait s'enflammer en tombant sur le pavé. Par le frottement produit par les roues sur les inégalités dues à la dégradation du pavé, une explosion pouvait faire sauter une partie de la ville.

Connaissant toute l'étendue du danger, monsieur de la Chapelle de Bellegarde n'avait pas fait part de ses craintes afin de ne pas alarmer la population.

Pour éviter qu'un pareil risque ne se renouvelle monsieur de la Chapelle de Bellegarde voulait par ce compte-rendu attirer l'attention sur la nécessité rapide de la réparation du pavé dans l'intérêt du service du roi et aussi à celui de la sécurité de tous les citoyens.

Les officiers municipaux de l'hôtel de ville ayant pris communication des faits, avaient répondu que depuis très longtemps le pavé de la rue de la Garde était en très mauvais état, qu'il était important de le rétablir mais que ce ne pouvait être fait aux seuls frais de la ville.

Il était juste que tous les propriétaires des maisons de la rue y contribuent et que la ville ne s'était pas refusée à faire réparer la partie qui pouvait être à sa charge.

Sur le rapport fait en la dernière assemblée des trois ordres il avait été convenu au cours d'une réunion entre les propriétaires et la ville, qu'une demande au nom de tous serait faite pour obtenir que la reconstruction du pavé soit payée sur les fonds des travaux des communications. L'offre faite par la ville avait donné pleine satisfaction le 11 mars 1788.
Collection D. Mahut

Actuellement un élargissement de la rue est prévu avec l'arrivée du Mettis, le prochain transport en commun de l'agglomération prévu pour 2013.

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