Le rattachement à la ville de Metz

Déjà un rapport de monsieur Gobert en 1790 envisageait la réunion des petites municipalités à celle de Metz. En voici un extrait.

Diviser pour régner était la devise de l’ancien régime, aujourd’hui le salut de la constitution est dans la réunion.

Metz jadis capital du pays messin étendait sa juridiction sur près de 100 villages. Maintenant presque tous les propriétaires ont leur domicile dans la ville et sont attachés pour le spirituel aux paroisses de l’intérieur. Ceux qui aujourd’hui composent ces municipalités ne sont que des vignerons, des jardiniers, des manœuvriers. Sous l’ancien régime ces habitants étaient considérés comme des communautés séparées, l’administration y trouvant son avantage.

Un nouveau décret fixant le nombre nécessaire d’habitants à 50 pour former une municipalité, les communes de Plantière, du Ban St Martin, de Devant les Ponts, du Sablon et St Symphorien (où il n’y avait pas un seul habitant) ne pouvaient subsister parce qu’elles n’avaient pas seulement 20 habitants et devaient être incorporées à celles plus importantes.

L’intérêt général était donc d’être réunis à la municipalité de Metz et ce qui rendait cette réunion nécessaire c’est que presque tous n’étaient pas fortunés, que leur éducation ne les avait pas mis à même de concevoir l’esprit des décrets.

Des disparités se faisaient remarquer, ainsi les habitants de Saint Julien et de Queuleu s’étaient partagés des paquis dont la propriété était à la ville de Metz. Cette conduite ne pouvait s’attribuer qu’à l’ignorance ou à des conseils pervers contre lesquels ils n’étaient pas assez éclairés pour se prémunir.

Les droits incontestables de la ville de Metz sur ces territoires, alors que la plupart de ces habitations touchaient aux murs de la ville, leur communication journalière avec les citoyens de Metz, enfin le décret qui exigeait au moins 50 habitants pour former une municipalité, ne laissaient aucun doute sur la nécessité de les réunir à celle de Metz.

Une centaine d’années plus tard, en 1898 un rapport faisait état de la réunion des communes de Montigny et du Sablon avec la ville de Metz. Il y avait lieu d’examiner si cette réunion était avantageuse pour la ville de Metz au point de vue des finances, de la prospérité de son industrie et l’extension de ses relations commerciales. La situation financière serait momentanément en sa défaveur, mais la réunion apporterait l’accroissement de la population et par la suite une amélioration des finances de la ville.

Le 9 février 1898 un avis officiel de l'empereur Guillaume informait le maire de Metz, qu'il ordonnait le démantèlement de l'enceinte du sud et de l'est, afin que la ville puisse s'étendre.

La population de Montigny s'était accrue de 25 % et celle du Sablon de 40 % les dernières années. Au recensement du 1er décembre 1895, Montigny comptait 4.021 habitants et le Sablon 2.683. En 1896 la population militaire était de 3.000 hommes. Les deux communes ne formaient plus qu'une seule localité et avaient en commun la conduite d'eau, le plan d'alignement pour les constructions et les rues, ainsi que l'église protestante. Si ces communes avaient pris un essor aussi considérable, cela s'expliquait par le fait qu'elles étaient devenues des faubourgs de la ville. Ce n’étaient plus les maraîchers qui formaient la majorité de la population, mais des commerçants, des fonctionnaires, des ouvriers, dont le centre d'activités se trouvait à Metz.

Il était hors de doute que les communes de Montigny et du Sablon avaient un intérêt incontestable à leur incorporation à la ville de Metz. L'incorporation de Montigny et du Sablon était d'une importance toute particulière pour la ville de Metz, car la suppression des ouvrages militaires qui l'enserraient, entre la Moselle et la Seille lui permettrait d'acquérir le terrain nécessaire à l'agrandissement de la ville. Dans le cas d'une nouvelle enceinte fortifiée celle-ci engloberait Montigny et le Sablon.

Par la disparition des remparts des côtés est et sud la ville s’étendrait jusqu’à Montigny et au Sablon. Cette nouvelle superficie bâtie entraînerait de nouvelles dépenses en une fois pour les nouvelles constructions, mais aussi d’une façon continuelle sans avoir en revanche une augmentation des recettes. En cas de réunion de ces deux communes la ville aurait l’obligation de faire des travaux au profit de ces communes, soit le pavage des rues, la construction de trottoirs, etc…

La ville ne pouvant pas se dispenser de la construction d’une nouvelle école protestante, les frais n’en seraient pas plus élevés pour recevoir les enfants protestants de Montigny et du Sablon. La canalisation envisagée et inévitable pour la ville, avec l’annexion de ces communes au réseau des égouts, profiterait à la population entière.

En conséquence la réunion à la ville, même si la situation financière montrait un résultat défavorable, avec les constructions prévues pendant une dizaine d’années, les écoles, l’église protestante, les canalisations, le dispensaire, la maternité, le musée, la conduite d’eau, la halle réfrigérante, financés par un fond de réserve, entraîneraient des dépenses supplémentaires, compensées par la contribution des nouveaux quartiers.

Les deux communes de Montigny et du Sablon n'avaient plus les moyens financiers de faire face à la voirie, à l'éclairage, à l'instruction publique. L'ouverture de débits de boissons et de salles de danses nécessitait une police bien organisée.

Au Sablon il existait des écoles de garçons et de filles à deux classes, et deux classes inférieures mixtes, dans des salles tout à fait insuffisantes. Pour les enfants protestants il n'y avait pas d'école et ceux-ci étaient obligés de se déplacer à Montigny. Une incorporation à la ville aurait un avantage considérable par le fait que les enfants pourraient fréquenter les établissements scolaires de Metz. Concernant la fréquentation des écoles supérieures, sans être exclusivement réservées aux enfants de la ville, leur admission dépendait de préférence du domicile légal des parents, puisque ces écoles étaient entretenues par la ville.

Au point de vue des cultes, il n'y avait pas de changements envisagés. Montigny et le Sablon formaient deux paroisses catholiques distinctes. Dans les deux communes il y avait projet de construction d'une nouvelle église. La création d'une paroisse protestante était une raison qui militait en faveur de la réunion des deux communes.

L’incorporation de Montigny et du Sablon était d’une importance particulière pour la ville de Metz, car la suppression des ouvrages militaires qui l’enserraient, serait d’une réelle utilité pour l’agrandissement pratique de la ville. Suite à la suppression des remparts, l’établissement d’une nouvelle enceinte fortifiée engloberait les deux localités.

La question de la réunion des deux communes avec la ville de Metz avait été soulevée la première fois en janvier 1898, puis en juin 1898 et en principe approuvée par Montigny et le Sablon.

Le conseil municipal du Sablon avait rejeté le 31 juillet 1905 le projet alors que Montigny s’était déclaré dès le lendemain prêt à entrer en pourparlers sur la base des propositions faites.

Ce n’est qu’en mars 1907 au cours d’une séance commune, que le Sablon avait accepté de discuter de la réunion de Montigny et du Sablon avec Metz.

En mars 1908 le maire du Sablon avait présenté un projet préparé par lui et le maire de Metz, approuvé par les conseillers municipaux des deux communes.

Une conférence concernant la réunion des trois communes avait eu lieu en avril 1908. A la suite de celle-ci, le maire de Montigny avait présenté un projet de contrat et une nouvelle conférence entre les maires des trois communes et le directeur d’arrondissement avait eu lieu le 22 mai 1908.

Le maire de Montigny en commun accord avec le maire de Metz devait faire quelques modifications et les soumettre à l’approbation des deux conseils municipaux. Le conseil municipal de Metz avait alors refusé de continuer les négociations présentées par la commune de Montigny.

Le maire de Montigny avait constaté le 18 juillet 1909 que cette attitude de la ville empêchait toute possibilité pour Montigny d’engager de nouveaux pourparlers avec Metz qui n’avait présenté aucune contre proposition.

A l’enquête de commodo et incommodo aucune objection n’avait été présenté par les habitants de Metz et du Sablon. Par contre le conseil municipal de Montigny avait fait opposition le 21 octobre suivant.

Le conseil d’arrondissement avait donc donné un avis favorable à la réunion de Metz et du Sablon.

A partir de la fusion Metz se chargerait de l'administration de la commune du Sablon et le maire de Metz serait chargé de la police locale du Sablon. Les employés municipaux du Sablon passeraient au service de la commune collective.

L’administration de la police serait étendue à l’ancienne commune du sablon où un commissariat de police serait installé de façon permanente et un bureau de poste y serait maintenu et amélioré.

Les usages locaux, comme par exemple la fête patronale et la foire annuelle, seraient maintenus dans la mesure du possible.

En cas de reprise par la ville de l'éclairage au gaz du Sablon, le prix du gaz resterait le même que celui fixé par contrat du 15 juillet 1899 avec la compagnie du gaz. La commune du Sablon reporterait à l'année 1910 le droit exclusif de la fourniture d'électricité par la ville de Metz.

La construction et l'exploitation du tramway seraient confiées à la ville de Metz qui construirait une ligne de tramway avec un départ toutes les six minutes, depuis la nouvelle gare, par le tunnel près de la gare de marchandises , la route de Cuvry (rue aux Arènes), la rue de l’église (rue Saint Pierre), la rue de la mairie (rue Saint Livier), le pont (Amos)au dessus du chemin de fer, la rue militaire (rue Mangin), la rue Empereur Guillaume (rue du 20ème corps) jusqu’à la rue du Séminaire et retour par la rue Empereur Guillaume et la rue Hohenlohe (rue de Verdun) jusqu’à l’ancienne gare.

En octobre 1909 protestation de Montigny contre le tarif du tramway, le Sablon ayant déjà reçu tous les avantages sous la forme d’une ligne de tramway. Le raccordement de la ligne de ce tramway n’était pas prévu avec le tramway de Montigny.

Le Sablon recevrait l'autorisation de relier le tout à l'égout au réseau de la ville.

La construction de l'école Réale (lycée Louis Vincent) serait entreprise le plus tôt possible par la ville de Metz. Le Sablon verserait une subvention annuelle dans la proportion du nombre d'élèves qui la fréquenteraient.

Jusqu'à la fusion des deux communes, les aménagements sanitaires de la ville ainsi que les hôpitaux municipaux, seraient accessibles contre paiement, en première ligne aux habitants du Sablon, mais après ceux de la ville de Metz.

En 1905 les partisans favorables à l'annexion trouvaient le temps de réalisation trop long. Le Sablon s'était prononcé contre et la méfiance régnait dans la banlieue sud de Metz.

Conformément à la décision des conseils municipaux de Metz et du Sablon du 13 mars 1908, il avait été projeté de réunir la commune du Sablon à la ville de Metz à partir du 1er avril 1914. La commune du Sablon prenait le nom de Metz Sablon. L'ensemble des propriétés et de la fortune des deux parties ainsi que leurs dettes étaient devenus commun.

A la suite de désaccords entre Metz et Montigny cette dernière refusait la fusion avec Metz le 18 juillet 1909.

Une enquête avait été ouverte à la mairie de Metz du 13 au 23 octobre 1909 et à la mairie du Sablon le 23 octobre, pour recevoir les réclamations éventuelles et donner les éclaircissements nécessaires.

Par ordonnance du 25 juin 1910 la commune du Sablon était supprimée et réunie à la ville de Metz. Le rattachement était devenu effectif le premier avril 1914.

Le Sablon avait été rattaché à la ville de Metz le premier avril 1914.

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