Porte Serpenoise

Au 13ème siècle une grange, une maison étaient citées près de (sous les différentes orthographes) porte Serpenoise, Serpenoze, Sairpenoize, Serpenoize.

La porte de Scarpone ou Serpenoise se serait trouvée près des fossés de la Citadelle, vis-à-vis de la porte du monastère Sainte Glossinde, vers le fond de leur jardin. Un souterrain aurait permis aux religieux de rejoindre leur jardin hors des remparts, là où se serait trouvée la tour Serpenoise. C’est probablement ce souterrain qui avait été retrouvé en 1902 près de la tour Camoufle construite vers 1437.

La porte avait été bâtie avec de grosses pierres. Placée vers le midi sur la voie nommée chemin de la porte Méridiane on lui avait donné le nom de Serpanus. Au 16ème siècle avaient été découverts dans les fossés des remparts, plusieurs murs fort épais construits en pierres carrées semblables à celle dont on s’était servi pour la construction des arches de Jouy. La porte devait se situer sur l'ancienne voie romaine allant de Trèves à Scarpone.

La vieille porte Serpenoise aurait été reconstruite après les ravages occasionnés par les Normands au 11ème siècle. L’évêque avait fait réparer la porte et les murs de la ville, la porte Serpenoise étant alors une voûte flanquée de 2 tours de vastes proportions. Cette porte avec la construction d’une seconde voûte au 15ème siècle, avait servi à la défense de Metz par le boulanger Harelle. Une croix votive en l’honneur de ces faits, avait été élevée près de la porte Serpenoise et retrouvée en 1563 lors de la démolition de la porte.

Au début du 16ème siècle les messins avaient créé près de la porte un grand boulevard en fer à cheval.

Vers 1550 l’abbaye Saint Symphorien payait son droit de passage à la porte Serpenoise, avec du froment et de l’avoine.

Lors de la construction de la citadelle, la porte Serpenoise qui se trouvait sur l’emplacement d’un bastion d’angle avait été démolie. Les nombreuses maisons à proximité avec les rues qu’elles formaient, donnant sur la rue des grands boulangers avaient disparu. La porte Saint Thiebault avait remplacé la porte Serpenoise pour les communications avec le Sablon et Montigny.

Lors des fouilles faites pour l’établissement de la première gare de Metz en 1848, il avait été découvert hors de la porte Serpenoise, près de l’ancienne voie romaine, des débris de monuments, de nombreux cercueils de pierre renfermant des monnaies, des débris de poterie et d’armes.

Pour établir une communication directe avec la gare en 1851 une nouvelle porte avait été ouverte sous le grand cavalier. La porte supprimée en 1562 avait été rétablie mais pas sur le même emplacement. La nouvelle porte avait une voûte haute de plus de 9 mètres pour une longueur d’environ 33 mètres. La porte avec pont sur le grand fossé était à double voie.

Cette porte avait été ouverte à la circulation en octobre 1852. Sur les piliers extérieurs avaient été placées en 1861 les inscription suivantes :

  • à droite pour rappeler l’acte du boulanger Harelle 9 avril 1473 à la porte Serpenoise, Metz surprise par l’ennemi est sauvé par le boulanger harel
  • à gauche 28 novembre 1552 près de la porte Serpenoise, principale attaque de Charles Quint repoussée par le duc de Guise

La porte ayant été démolie en 1902, ces inscriptions avaient disparues en même temps.

Les portes de la ville étaient fermées chaque nuit, l’heure de l’ouverture et de la fermeture variant suivant les saisons. En 1861 l’ouverture permanente de toutes les portes avait été adoptée par l’autorité militaire.

Début 1901 un projet d’érection d’un arc de triomphe au prince Frédéric Charles sur l’emplacement de la porte voûtée passant sous le grand cavalier, avait été en principe accepté par le maire de Metz.

Au mois de mai suivant l’idée de la construction d’un arc de triomphe avait été abandonnée. A la demande de l’empereur la voûte tournante de la porte Serpenoise serait maintenue au titre d’une belle architecture et une chaussée établie de chaque côté.

Collection D. MahutEn février 1902 la voûte avait été dégagée des remparts et des terres qui l’enveloppaient. La démolition du rempart avait été rendue nécessaire pour établir une communication directe de la gare avec l’avenue Serpenoise.

La voûte avait perdu son ancien aspect et était devenue une gêne pour la circulation. On envisageait à nouveau de la conserver pour en faire un arc de triomphe flanqué de tourelles.

Cette voûte déchargée des pressions que la terre exerçait sur elle s’était lézardée et l’on craignait pour sa solidité. De nouvelles lézardes s’étaient encore produites et si elles devaient s’élargir, la conservation de la voûte devenait de plus en plus problématique.

Découverte en direction de la citadelle d’un passage en maçonnerie de 8 mètres de profondeur pour 1,80 mètre de large. On y accédait par un escalier étroit avec un sol très humide. La galerie avait la forme d’une grande salle rectangulaire voûtée. De la voûte pendaient des stalactites blanchâtres. Sur les côtés les suintements avaient constitué un revêtement granité. Les stalactites s’effritaient sous l’influence de la chaleur extérieure qui pénétrait peu à peu. La galerie avait une issue qui semblait donner du côté de la ville, une nappe d’eau en empêchant l’accès.

Collection D. MahutLa nouvelle voie à gauche de la voûte Serpenoise avait été livrée à la circulation en mai 1902.

En septembre une somme avait été votée par le conseil municipal pour la reconstruction de la porte à condition de la reculer et de céder à la ville le terrain de la porte actuelle ainsi que le corps de garde avec le bâtiment des lieux d’aisance y attenant. A la demande de l’autorité militaire, le conseil avait accepté la restauration de la voûte pour la transformer en arc de triomphe à la mémoire du prince Frédéric Charles.
Collection D. Mahut

En mars 1903 commencement des travaux pour la transformation du restant de la voûte. Les bâtiments en brique qui servaient de halle d’exercice pour les troupes en dehors de la porte avaient été démolis.

Année 1935 Année 2010

En décembre la porte transformée en arc de triomphe était terminée et surmontée de quatre petites tourelles hexagonales empruntées aux ouvrages des fortifications disparues. Un petit sapin orné de rubans planté en haut de l’ancienne porte remaniée annonçait l’achèvement des travaux. Les échafaudages avaient été en grande partie enlevés et la partie supérieure ainsi que les côtés de la porte étaient entièrement dégagés. L’arc de triomphe avait pris le nom de porte Frédéric Charles.

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