Les Couvreurs

En 1382 après l’apprentissage, les couvreurs payaient 20 sols pour leur entrée dans le métier. Une assemblée de la corporation avait lieu chaque année devant le moustier (église) Saint Pierre le 10 septembre. Le maître et les six jurés rendaient compte des amendes encaissées dont la moitié revenait à la ville et l’autre moitié à l’entretien de leur outillage. Un nouveau maître et les jurés étaient élus pour l’année suivante.

Le 28 janvier 1412 de nouveaux statuts rajoutaient que les recouvreurs payaient toujours 20 sols pour s’établir, sauf les recouvreurs d’écailles et de plomb. Quand le maître ou les jurés se déplaçaient pour expertiser un travail suite à une plainte de la cité, chacune des parties les dédommageait en payant une somme de 12 deniers. Chacun fixait son prix pour le travail à exécuter. Pour un travail mal fait le recouvreur payait une amende de 20 sols de Metz et était condamné à refaire l’ouvrage.

Un rapport du 14 mars 1596 constatait que les recouvreurs de Metz avaient de tous temps été reconnus par les villes et pays voisins en raison d’un si bel établissement qui dans le passé par ses lois était conduit en toute fidélité.

Puis la tromperie dans l’exercice de leur métier avait été blâmée pour s’être servi d’un manouvrier pendant deux ou trois jours, à leur faire porter des tuiles, du mortier et autres choses. Ces manouvriers qui ne connaissaient rien du métier, n’ayant fait aucun apprentissage, s’étaient établis en payant 20 gros, au mépris de ceux qui les employaient. Afin que l’honneur de cette cité soit conservé et de lever les abus du métier pour qu’à l’avenir les bourgeois ne soient plus abusés par ces gâteurs du métier, il était demandé que le payement pour leur établissement soit de 12 livres.

Suite à ce rapport le procureur du roi avait donné ses conclusions.

Les fils de maître qui se présentaient pour travailler avec des tuiles étaient obligés de faire un chef d’œuvre de tuiles, suite à quoi ils pouvaient faire toutes sortes d’ouvrages de tuiles, mais seulement boucher quelques brèches aux toits d’écailles. Ils pouvaient faire également le chef d’œuvre d’écaille et en ce cas il leur était permis de travailler à toutes sortes de besogne, tant de tuiles que d’écailles, en payant les droits d’ancienneté.

Si les fils des maitres commençaient à travailler soit en tuiles, soit en écailles, sans avoir au préalable fait le chef d’œuvre, une amende de 6 livres leur était applicable.

Tous les forains qui se présentaient pour être reçus, étaient obligés de faire chef d’œuvre par-devant les maitres, soit en tuiles, soit en écailles, et payaient 12 livres d’établissement pour ceux qui avaient fait des tuiles et autant pour celui d’écailles.

Les apprentis étaient obligés de servir deux ans entiers pour faire leur apprentissage. Pour le cas où ils quittaient leur maître avant les deux années, ils étaient obligés de parachever le temps manquant chez un autre maître et de rapporter les certificats de ceux avec lesquels ils avaient fait leur apprentissage, faute de quoi ils ne pouvaient être reçus à la maîtrise.

Les veuves pouvaient tenir des compagnons en leur maison pour travailler du métier pendant tout le temps de leur vie.

Quand il y avait plainte de quelques malfaçons, les plaignants s’adressaient au maître et jurés pour en faire la visite et à cet effet étaient payés des droits des semonces.

Un atour du 2 novembre 1683 confirmait les règlements précédents.

XIXème siècle

Il existait en Moselle une grande quantité de toitures avec couverture en paille. Un arrêté du 24 novembre 1818 interdisait désormais la couverture en paille pour la remplacer par des tuiles.

Suite à cet arrêté, il y avait eu de nombreuses réclamations, beaucoup de personnes se disant trop pauvres pour pouvoir changer leur toiture en chaume par une toiture en tuiles.

En septembre 1823 plusieurs juges de paix avaient refusé de prononcer des condamnations contre les contrevenants, en se fondant sur ce qu’aucune peine n’était applicable à ces contraventions.

En septembre 1840 les toitures qui étaient dans un état de délabrement voisin de la ruine devaient non pas être réparées, mais remplacées par des couvertures en tuiles. Douze ans après l’arrêté, il n’était plus question d’user d’indulgence envers les habitants qui ne s’y conformeraient pas. Le département était frappé presque chaque année par des incendies. La cause principale en était les toitures en paille ou en bardeaux appelés esselins. Dans les communes où la paille servait de toitures il était fréquent que l’incendie dévore toute une aile de bâtiments en raison de la rapidité avec laquelle ces toitures s’enflammaient.

Le département avait un grand nombre de tuileries dont les ardoises venaient soit des Ardennes, soit du pays de Trèves à des prix modérés.

Les constructions, reconstructions ou réparations des maisons, granges, écuries, hangars, dans les villes ou villages de la Moselle ne pouvaient plus être faites qu’avec des toitures en tuiles creuses, plates ou ardoises. L’emploi de la paille et des esselins était expressément interdit en raison des dangers d’incendie.

Les maires étant chargés de la prévention des incendies, visitaient une fois par an les fours et cheminées avec obligation pour le propriétaire de les faire réparer ou démolir. A l’avenir ils devaient également par la même occasion veiller à l’exécution des dispositions concernant les toitures, en ordonnant la démolition de celles en paille.

Les poursuites par la police l’étaient également contre les couvreurs, entrepreneurs, maçons, charpentiers coopérant à la construction d’une toiture en paille.

Pour aider les propriétaires à reconstruire leur toiture, ils pouvaient être indemnisés par une remise de la contribution foncière pouvant aller jusqu’à la 3ème année.

En 1844 une pétition avait été adressée au commandant des fortifications de Metz, faite par les habitants de Devant les Ponts, pour obtenir l’autorisation de maintenir leurs toitures en chaume, mode de couverture interdit dans le département de la Moselle par plusieurs arrêtés préfectoraux. Les pétitionnaires fondaient leur demande sur la défense faite par le génie militaire de couvrir les maisons en tuiles dans la première zone de la place.

Il existait effectivement à Devant les Ponts un certain nombre de toitures en chaume, dont plusieurs rénovées ou construites récemment. Le règlement interdisant les couvertures de cette espèce, les gardes-champêtres n’avaient pas constaté ces contraventions.

Il était bien difficile de reconstruire à neuf les toitures de ces baraques, la charpente n’ayant été construite que pour être couverte en paille et ne pouvant supporter le poids des tuiles.

Il avait cependant été ordonné de couvrir les toitures avec des tuiles dans les plus brefs délais.

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