Rue Haute Pierre

L’abbaye Saint Symphorien se trouvait à l’origine près de la citadelle au lieudit Vassieux. Après la destruction de leur couvent pendant le siège de 1444, l’abbaye avait été relogée à la cour de Morimont (une grande maison) près de Saint Hilaire le petit, dans la ruelle derrière la maison de la Haute Pierre, avant de s’installer en 1565 à proximité de l’église Saint Martin, lors de la construction de la citadelle.

L’église Saint Vit détruite également lors de l’établissement de la citadelle, se trouvait près de la cour de Morimont. La coupellerue, une ruelle à l’angle de l’église Saint Vit, aussi détruite avec ses vieilles maisons, était déjà citée au 14ème siècle. La montagne de Saint Hilaire en Xalleu s’étendait depuis le moyen pont jusqu’à l’extrémité de la citadelle, là où se trouvait l’église Saint Hilaire.

La maison de la Haute Pierre appartenait au chapitre de la cathédrale. En 1518 elle avait été donnée à bail au duc de Suffolk, à charge pour lui de la faire reconstruire. Le duc avait fait raser cette maison et avait reconstruit, à l’emplacement de l’actuel palais de justice, quatre corps de bâtiments disposé en carré avec une cour plantée d’arbres. Une façade donnait sur les fossés de la citadelle et l’autre façade sur la Moselle.

Récit de deux aventures survenues au duc de Suffolk pendant son séjour à Metz.

En 1517 le duc qui possédait un cheval de course, avait proposé un pari à Nicole Dex (vieille famille messine) qui avait lui aussi un cheval de prix. Il s’agissait de faire une course avec départ près d’Augny, pour terminer devant la porte de l’abbaye Saint Clément au Sablon. Le pari était de 50 écus d’or au soleil, pour la course qui avait eu lieu au mois de mai.

Auparavant Nicole (prénom masculin) Dex avait imaginé un stratagème. Supprimant le foin dans l’alimentation de son cheval il ne lui avait fait boire que du vin blanc, suivant une ancienne maxime : (cheval de foin, cheval de rien, cheval de paille, cheval de bataille). De plus il ne lui avait fait poser que des petits fers en acier, pour selle qu’une couverture et sur la tête un petit bonnet léger. Nicole Dex vêtu d’un simple pourpoint avait monté lui-même son cheval.

Le duc de Suffolk ayant également enfourché le sien, avait eu l’avantage jusqu’à Saint Ladre, mais arrivé à cet endroit l’animal tout essoufflé était resté en arrière et Nicole Dex arrivant le premier au but avait gagné le pari.

L’année suivante le duc de Suffolk provoqua Nicole Dex pour une seconde course dont l’enjeu n’était plus que 21 écus d’or au soleil. Mais le page du duc qui montait le cheval ayant chuté, Nicole Dex avait de nouveau été le vainqueur.

En 1519 le duc de Suffolk avait une intrigue avec la femme d’un orfèvre de la rue Fournirue chez laquelle il s’introduisait par la maison voisine habitée par un tailleur. Pour éloigner le mari, le duc le chargea d’aller à Paris pour y chercher un certain nombre d’objets dont il prétendait avoir besoin.

Les bons apôtres du quartier avaient fait connaître au pauvre mari la pénible situation qu’il devait à sa femme. Ils se plaignaient également de la tolérance de l’orfèvre et de la complicité du tailleur. Il en était résulté que l’orfèvre et sa femme avaient été convoqués devant la justice.

En apprenant que sa conduite était connue de tous, la femme avait pris ses vêtements, ses bijoux et l’argent de la caisse conjugale pour aller se réfugier à la maison de la Haute Pierre chez le duc de Suffolk.

Le duc de Suffolk passant par la rue Fournirue avait été menacé par l’orfèvre qui ne sortait plus qu’armé. Des paroles ils en étaient venus aux mains et le duc avait jeté son poignard sur son ennemi.

Le jour suivant le conseil de la cité réuni en assemblée avait décidé que la femme serait rendue à son mari, à condition toutefois que celui-ci s’engageait à ne pas la maltraiter. L’orfèvre qui avait refusé de la reprendre, avait quitté Metz pour Thionville. Sa femme avait aussi quitté Metz pour résider à Toul où s’était réfugié le duc de Suffolk.

Quelques temps plus tard le duc de Suffolk s’était décidé à aller combattre sous la bannière du roi de France. Il avait été tué en 1525 à la bataille de Pavie.

La maison de la Haute Pierre ayant été reprise par le chapitre de la cathédrale, avait été cédée au roi pour la résidence des gouverneurs.

La construction de la citadelle avait remplacé en 1659 le couvent et la belle église de Saint Symphorien, située près de la maison de la Haute Pierre.

La maison ancienne et trop petite de la Haute Pierre appartenant au roi, celui-ci avait fait exécuter en 1734 des réparations considérables dans la partie gauche vis-à-vis de la citadelle.

La ville de Metz ayant acquis en 1735 divers bâtiments contigus à la maison de la Haute Pierre, faisant face à la rue de la Garde et au jardin de Boufflers, il avait été construit sur tout l’emplacement, une aile sur la grande cour et une autre aile sur une seconde cour fermée, comprenant les logements des domestiques, des remises et des écuries. Les frais de tous ces travaux avaient été supportés par le roi.

En 1737 le sommet de la rue Haute Pierre avait été écrêté de deux pieds, depuis l’hôtel du gouvernement jusqu’à la rue aux ours, cette opération ayant pour effet de diminuer la pente de la première de ces rues et de rendre plus facile l’entrée de la rue aux ours.

En 1744 Louis XV en visite à Metz était tombé malade lors de son séjour. Il avait occupé le premier étage de l’hôtel du gouvernement qui communiquait par une galerie de bois avec sa maîtresse logée à l’hôtel abbatial de Saint Arnould.

Le palais actuel avait été reconstruit en 1766 sur les plans de l’architecte Clérisseau. Les statues étaient dues au sculpteur messin Masson et le jardin créé par le marquis de Boufflers.

Chaque année la procession du Graoully se terminait devant le palais du gouverneur. Les enfants en présence du magistrat fouettaient Le Graoully, coutume qui avait duré jusqu’en 1786.

Le palais servant à l’habitation du gouverneur, lors de la révolution les bas-reliefs de la façade sur le jardin de Boufflers avaient été saccagés.

En 1792 la gendarmerie avait été installée dans les bâtiments du palais, le long de la rue de la Garde. Le palais était devenu le siège de l’administration du département et du tribunal révolutionnaire.

Une ligne télégraphique de Paris à Strasbourg, système Chappe, avait été installée au palais de justice. Le télégraphe électrique avait remplacé en 1852, le télégraphe de Chappe.

Le palais où étaient installé la cour et les tribunaux avait été restauré en 1826.

En 1870 les écuries du génie militaire étaient installées au n° 1, à côté du palais de justice au n° 3.

En 1936 se trouvaient au n° 1 le bureau de recrutement, au n° 3 le palais de justice, au n° 2 le restaurant du palais de justice, dans le même bâtiment au 2ème étage l’institut homéopathique Lehning.

Amis de Verlaine

ET VERLAINE ??

Amis de Verlaine jeudi, 30 décembre 2010 - 20:08
Michèle

Effectivement le poète Paul Verlaine est né à Metz au n° 2 de la rue Haute Pierre, le 30 mars 1844.
Plus d'infos sur le site

Michèle vendredi, 31 décembre 2010 - 12:06

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