Joueurs d’instruments

Joueur de violonEn 1679 le parlement avait enregistré les statuts de la corporation des maîtres joueurs d’instruments et maîtres à danser. Elle comprenait huit maîtres avec un chef prenant le titre de maître des violons. Jean Danglebert joueur d’instruments et de danse, avait été nommé pour exercer sa vie durant, recevoir les maîtres et faire exécuter les statuts.

Les statuts et ordonnances avaient été rédigés le 20 mai 1679, pour l’exercice de la charge de lieutenant du roi des violons, maîtres et joueurs d’instruments dans la ville de Metz.

Les maîtres étaient obligés de prendre leur apprenti pour deux années entières. Ils ne pouvaient les en dispenser pour plus de six mois sous peine de 30 livres d’amende applicable 1/3 au roi, 1/3 à la confrérie de Saint Jenet, et l’autre 1/3 au lieutenant du roi des violons. Concernant les apprentis qui auraient été dispensés plus de 6 mois, ils ne pouvaient jamais être admis à la maîtrise.

Les maîtres étaient tenus de présenter leur apprenti au lieutenant du roi des violons et de faire enregistrer leur brevet sur son registre, ainsi que dans celui de la communauté. L’enregistrement coûtait à l’apprenti 30 sols au bénéfice de la confrérie de Saint Jenet.

L’apprenti pouvait choisir son maître sans être obligé d’y être logé, ni d’y prendre ses repas.

Son apprentissage terminé, l’apprenti qui se présentait pour être reçu maître, était tenu de montrer son expérience devant le lieutenant du roi des violons. Celui-ci le convoquait chez lui avec les six plus anciens maîtres si c’était pour un simple apprenti, et seulement quatre maîtres si c’était un fils de maître. Si l’un ou l’autre était trouvé capable il leur était délivré des lettres de maîtrises.

Tout aspirant à la maîtrise, apprenti ou fils de maître, était tenu de prendre lettre du lieutenant du roi des violons et de payer à la communauté, s’il était fils de maître 8 livres seulement et s’il était étranger ou simple apprenti 16 livres.

Le mari d’une fille de maître, aspirant à la maîtrise, entrait comme fils de maître et était reçu et traité de la même façon.

Les anciens maîtres de violons, maîtres à danser et à jouer de hauts et bas instruments, continuaient l’exercice de leur science comme ils le faisaient avant l’arrêt de la cour et conformément à icelui.

Les maîtres des faubourgs et des justices subalternes ne pouvaient faire aucun exercice dans la ville, ni maîtrise au préjudice du lieutenant du roi des violons.

Si un apprenti durant le temps de son apprentissage ou après celui-ci, allait jouer au cabaret et aux lieux infâmes, il ne pouvait aspirer à la maîtrise et en était perpétuellement exclu.

Les maitres ne pouvaient aller au-devant de ceux qui avaient besoin d’eux, ni prendre d’autres que leurs compagnons pour jouer avec eux. Quand ils étaient loués à quelqu’un pour un ou plusieurs jours, ils ne pouvaient pour quelque cause que ce soit, se dispenser du service qu’ils avaient promis. Entreprendre d’autres services dans le même temps, faire plusieurs marchés à la fois étaient punis de 3 livres d’amendes pour chaque contravention.

Aucun maître ne pouvait associer, pour jouer en quelque lieu que ce soit, aucun apprenti ou autre personne qui ne soit pas maître, s’il n’avait au moins six mois d’apprentissage. En cas de contravention, celui des maitres qui était contrevenant payait 30 sols et celui qui n’était pas maître 15 sols d’amende.

Chaque maître était tenu de payer cinq sols pour les droits de la confrérie de Saint Jenet, ainsi que les deniers provenant des amendes qui étaient employés à l’entretien des ornements de la chapelle de la confrérie.

Le maître de la confrérie qui était élu chaque année était tenu de rendre compte de tous les droits, en présence du lieutenant du roi des violons, en vidant ses mains du reliquat à celui qui entrait à sa place.

Les fils des maîtres pour leur réception en la maîtrise, payaient au lieutenant des violons, outre les droits qu’ils avaient déjà payés pour la bourse de la communauté, la somme de huit livres et les apprentis non fils la somme de seize livres.


Depuis quelques temps certains violons et tambours s’étaient attroupés sans aucune autorisation, pour jouer de leurs instruments sous prétexte de faire honneur aux personnes de considération nouvellement arrivées à Metz. Ils quémandaient une rétribution presque toujours forcée, contraire au bon ordre et qui pouvait dégénérer en insultes. Le 17 janvier 1733 une ordonnance de police avait interdit aux joueurs de violons et aux tambours de s’attrouper et d’aller jouer à l’arrivée des personnes, à moins qu’ils n’en aient reçu l’ordre de leur supérieur, sous peine de prison et de 30 livres d’amende.


Le 23 mai 1787 à 10 h ½ du soir sur la place d’armes, plusieurs joueurs de violon donnaient une sérénade. Le sergent du guet leur avait demandé en vertu de quel ordre ils jouaient, l’heure de faire du bruit dans les rues étant passée.

N’ayant pu présenter aucune permission, le sergent s’apprêtait à les conduire au bureau de police pour y relever leur nom. Il en avait été empêché par les grenadiers de garde sur la place d’armes, qui s’étaient attroupés et avaient fait évacuer les joueurs, ce qui avait incité ledit Bellion père à faire l’insolent, disant au sergent qu’il n’était pas là pour le faire marcher.

Le sergent était finalement arrivé à arrêter les sieurs Printems demeurant à la Favade et Maguin de la rue Saint Charles qui lui, avait déclaré que les nommés Thorel demeurant rue Chambière, Bellion père de la rue du paradis et Mirguet fils de la rue Saulnerie étaient avec eux pour donner cette sérénade.

Le 16 juin suivant un jugement de police avait condamné les nommés Printems, Maguin, Thorel, Bellion et Mirguet, chacun à 24 heures de prison et 10 sols d’amende pour avoir joué pendant la nuit dans la ville.

Un rappel du règlement du 22 mars 1753 interdisait à tous les joueurs de violon et aux tambours de la milice bourgeoise, de s’attrouper pour battre la caisse ou jouer de leur instrument à l’arrivée de personnes de considération, à la réception des officiers nouvellement installés ou pour toute autre occasion. Cette infraction était punissable de 50 livres d’amende et de 8 jours de prison.

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