La première église

La décision a été prise de construire une église. En février 1845, un registre avait été ouvert à la mairie, faisant appel à une souscription publique. Le registre rappelait que le Sablon, qui ressemble à un vaste potager était autrefois appelé "les Basiliques" en raison du grand nombre de temples chrétiens

Le lieu le plus approprié pour y construire une église au centre de la commune, était une terre de mésoyage, située près de Tivoly, lieudit Pierre Bénite. Le terrain nécessaire pour la construction appartenait à Monsieur Renaud, inspecteur des eaux et forêts à Saint Dié, gendre de Monsieur Dumoulin.

Le 31 janvier 1845, Monsieur Dumoulin qui avait contacté sa fille au sujet de la vente du terrain, avait reçu une réponse négative de la part de son gendre. Étant loin de s’attendre à un refus, Monsieur Dumoulin avait donc suggéré de recourir à une expropriation pour cause d'utilité publique. Finalement au mois d’avril suivant, le gendre avait refusé de vendre les 22,40 ares nécessaires à la construction, mais consentait à un échange de la pièce entière d’une surface de 87 ares, contre un terrain de même valeur situé dans le pré communal, près du nouveau pont de Magny.

En novembre l'on s'était aperçu que la valeur des terrains à échanger, excédant 3.000 francs, il ne pouvait être statué sur l'affaire que par ordonnance royale. L'autorisation avait été donnée le 18 juillet 1847 par le ministère de l'intérieur.

La souscription ouverte pour financer la construction avait rapporté 26.405,55 francs desquels il avait fallu soustraire des frais pour 2.237,85 francs. Il était resté 24.167,70 francs représentés par un placement au trésor pour 20.007 francs. Décompte fait il restait à recouvrer 4.148 francs et il manquait 12,70 francs. L'évêque avait donné 3.000 francs et une dame anonyme de Metz 2.000 francs.

En juin 1849 deux projets existaient: le projet Dallonville et le projet Dérobe plus en rapport avec les ressources de la commune.

En juin 1849 le projet Dallonville s’élevait à 30.000 francs trop cher pour la commune. Dallonville avait proposé de n'élever la tour que jusqu'au beffroi pour la terminer plus tard, ce qui permettait d’économiser 2.000 francs pour exécuter les piliers extérieurs en pierres de taille .Le conseil municipal avait décidé que la tour devait être construite en même temps que les autres parties et que construisant pour la postérité, la pierre de taille devait être employée. De plus, les charpentes vues de l'intérieur ressemblaient à une grange. Le projet avait donc été écarté.

Le projet Derobe en rapport avec les ressources de la commune, avait été accepté.

La mise à prix de la construction s’élevait à la somme de 25.984,50 francs.

29 soumissions avaient été déposées dont 7 avaient été retenues le 5 août 1849.

  • Monsieur Thiebaut pour la maçonnerie: 15.726,70 frs
  • Monsieur Framery pour la charpente et la menuiserie: 4.199,81 frs
  • Monsieur Darbois pour la couverture: 1.658,06 frs
  • Monsieur Quentin pour la serrurerie: 926,60 frs
  • Monsieur Parant pour le ferblanterie: 131,25 frs
  • Monsieur Talonnier pour la vitrerie et la peinture: 313,24 frs
  • Monsieur Poinsignon pour la plâtrerie: 33,47 frs

Le montant total de l'adjudication se montait à 22.989,13 frs.

Au mois d'août l'évêque avait trouvé que la nef ne serait pas assez vaste. Il avait fait un don de 10.000 francs pour que le plan soit modifié.

Le 20 avril 1850 à 10 heures du matin avait été posée la première pierre de l'église par Monsieur Tonnet, Préfet, et par Monseigneur Beauvallet, grand vicaire, représentant l'évêque. Sous la pierre une plaque portait les noms de Louis Napoléon, Président de la République, de Monseigneur l'Evêque, son grand vicaire, du curé de Saint Martin, du maire et du conseil municipal. Le Préfet revêtu d’un tablier de maçon par le maire, la truelle lui avait été présentée par l'architecte.

Après la cérémonie, le vicaire avait prononcé un discours et le préfet une chaleureuse allocution, suivis par la bénédiction du drapeau national.

Un an plus tard l'église était sur le point de se terminer. Les frais s'élevaient à 29.219,17 francs au lieu des 22.989,13 francs prévus. En conséquence l'évêque avait augmenté sa souscription initiale de 10.000 francs à 17.000 francs.

Une souscription ouverte pour l'achat d'une cloche d'un poids de 547 kgs avait seulement rapporté 170,85 francs pour une facture de 1.874 francs. La cloche avait été fournie par la fonderie Goussel, rue des Clercs.

La construction de l'autel avait coûté 1.425 francs, celle des bancs 4.374 francs, la grille de communion 388,50 francs et le carrelage 210,39 francs.

L'église devait être ouverte au culte au mois d'août 1851. Il n'y avait pas encore de presbytère et la commune avait pris l'engagement de loger provisoirement le desservant. La paroisse dépendait de Saint Martin intra muros et les communications étaient impossibles la nuit, en raison de la fermeture des portes de la ville. Il devenait urgent d'avoir un ecclésiastique logé dans la commune. Promesse avait été faite d'envoyer un prêtre sitôt l'église achevée.

La première église du SablonLe 30 octobre suivant avait eu lieu la bénédiction de l'église. Il n'y avait toujours pas de curé, l'église était desservie par les vicaires de la paroisse Saint Martin.

L'évêque avait fait connaître, suite à une pétition des habitants, qu'il convenait d'interdire les danses et les jeux sur la place publique, devant l'église.

Une proposition spéciale avait été faite le 26 avril 1851, pour un titre de succursale. La circonscription communale devait comporter le Sablon, Tivoly, Rivage, Tivoly de la Seille, Sainte Agathe, la Hallesidrac. En outre la partie attenante à Montigny, à droite du chemin de Metz à Cheminot, serait rattachée à la circonscription de la nouvelle succursale.

L'église sous l’invocation de Saint Fiacre, avait été ouverte au culte au mois d’octobre 1851. Il n'y avait pas encore de presbytère, la commune prenant l'engagement de loger provisoirement le desservant.

Le décret du premier juin 1852 nommait la nouvelle église, Succursale annexe de Saint Martin, sous l'invocation de Saint Fiacre. Un conseil de fabrique devait être installé dans les plus courts délais.

La nouvelle circonscription comprenait le territoire de la commune, moins la partie attenante à Montigny, à droite du chemin de Metz à Cheminot. En juillet l'évêché promettait de nommer un curé.

Avant d'être succursale l'église était desservie par le vicaire de la paroisse Saint Martin, qui s'y rendait régulièrement pour célébrer les offices du matin et du soir. En compensation l'indemnité à payer était de 158 francs pour 9 mois 1/2 de service effectif.

Le 13 mars 1855 l'abbé Bourguignon, curé du Sablon était nommé archiprêtre à Longwy et l'abbé de Tinseau, vicaire à Saint Maximin était nommé curé du Sablon.

La cloche commandée à la fonderie Goussel devait être payée par la souscription. Celle-ci n'avait rapportée que 170,85 francs, versés à la fonderie en février 1857. Le Sablon était dans l'impossibilité de payer le restant de la somme due. La commune s'était engagée à verser annuellement 150 francs, à partir de 1858 jusqu'à concurrence de 1.400 francs.

En 1858 la paroisse de Montigny, qui acceptait dans ses écoles, les enfants de la section des Loges, pouvait également les faire participer à l'instruction religieuse, modifiant ainsi la circonscription paroissiale. En compensation la commune du Sablon aurait reçu de Montigny, la ferme de la Horgne et de la Grange Le Mercier. La commune du Sablon avait répondu par un refus formel.

Location des bancs

La location des bancs avait eu lieu le dimanche 4 novembre 1855, à l’issue des vêpres. Le curé avait précédemment annoncé en chaire que les personnes qui avaient louées des places l’année précédente conserveraient les dites places à condition que le prieur soit payé avant la nouvelle location. Il s’était pourtant réservé le droit de louer un banc s’il se trouvait des amateurs, alors que des personnes y auraient loué des places isolées l’année précédente. Les places louées isolément ne le serait que pour l’année courante. Jusqu’à ce 4 novembre 1855 aucun registre de location des bancs de l’église n’avait été fait, il en serait autrement à l’avenir et toutes les locations antérieures inscrites au registre.

Dans la grande allée comprenant 24 bancs d'un côté et 18 bancs de l'autre, le premier banc était réservé du côté de la Vierge pour les sœurs de Sainte Chrétienne et du côté de Saint Fiacre pour les échevins et les autorités.

Dans l’allée de la Vierge avec la chaire au premier plan, seuls 18 bancs étaient loués. Dans l’allée de Saint Fiacre, 23 bancs étaient loués, le dernier banc au fond étant réservé à des indigents.

Décisions prises le 5 octobre 1856 en salle ordinaire du presbytère.

Toutes les personnes ayant des places isolées dans les bancs, ne les conserveraient qu’autant que personne ne se présenterait pour louer le banc en entier, le tout l’emportant sur les fractions.

Les personnes étrangères à la paroisse ne pouvaient prétendre à des places ou à des bancs qu’en fonction de ce qui resterait disponible.

Concernant les personnes étrangères, celles qui ayant deux habitations, une à la ville et une au Sablon, ne devaient pas être considérées comme étrangères, mais comme ayant un domicile au Sablon.

Dans l’allée de la Vierge à la place des 7 premières rangées de bancs, il n’y avait que des chaises sous la chaire, dont 2 chaises pour les sœurs, les autres n’étant pas louées.

En 1859 les places sous la chaire, avec 4 bancs à la place des chaises, avaient été réservées pour les filles de l’école, puis en 1861 un petit banc rajouté pour la surveillance des enfants.

A partir de 1875 les sœurs de Sainte Chrétienne occupaient deux bancs dans la grande allée, puis 3 bancs en 1889.

En 1878 les deux derniers bancs de chaque côté de la grande allée, étaient laissés libres pour les étrangers et pour les pauvres.

En 1889 le banc au premier rang de la petite allée de la Vierge était réservé à l’institutrice, l’instituteur se retrouvant dans la grande allée de Saint Fiacre au 3ème ou 4ème banc. Dans la petite allée de Saint Fiacre le confessionnal avait remplacé les bancs de la 4ème à la 7ème rangée.

En 1895 on retrouvait une tribune du côté de la Vierge avec 2 bancs et une tribune du côté de Saint Fiacre avec 5 bancs. Le registre de location devenu un petit plus détaillé montrait que dans les bancs de la grande allée il y avait 5 places par banc et que dans les bancs des petites allées il n’y avait que 3 places. Les bancs des tribunes comportaient 6 places.

En 1899 deux bancs étaient retenus pour les allemands.

324,32 francs avaient été consacrés à l'achat d'une cloche en 1866. En 1879 une subvention de 141 francs avait été reçue pour l'achat de bannières.

En 1881 Jean Berné du Sablon, avait constitué au profit de l'église, une rente annuelle et perpétuelle de 16 marks, à charge pour l'église de célébrer annuellement et à perpétuité, deux messes chantées, l'une vers la Sainte Marguerite et l'autre vers le 4 décembre.

En juillet 1882, le curé désirait faire installer une grille autour de l'église, pour cause de saletés que faisaient les enfants, qui jetaient également des pierres pour casser les carreaux. La construction de la grille avait été acceptée par le conseil municipal.

Le 17 avril 1898 un vicaire avait été demandé, la population de la paroisse ayant augmenté de 40 %.

En 1901 la toiture avait de grosses gouttières, l'eau coulait dans le grenier, traversait le plancher et tombait jusque dans l'église.

Le 27 novembre 1905, un décret érigeait la succursale Saint Fiacre en église paroissiale.

En 1910 le Sablon comptait 10.000 habitants dont 6.052 catholiques. L’église était devenue trop petite, il fallait envisager la construction d’une nouvelle église

Ancienne église

Dans l'attente de la nouvelle église.

Les vitraux de l'église avait été en partie démolis pendant la guerre de 1914/18, par les nombreuses explosions de bombes. L'indemnité payée par l'assurance avait été dépensée pour le remplacement provisoire des vitres cassées, par des planches. Le remplacement exécuté à la hâte avec du bois trop frais, les planches s'étaient desséchées et le froid pénétrait dans l'église par de larges fentes.

Le budget de la fabrique d'environ 19.000 francs, provenant des indemnités obtenues pour les deux cloches et les tuyaux d'orgue enlevés par les allemands pendant la guerre, avaient été destiné à l'achat de nouvelles cloches et à la réparation de l'orgue.

En juillet 1933, suite à la construction de la nouvelle église, l'ancienne était destinée à la démolition. A la place de l'ancienne église le terrain était prévu pour la construction d'une maison d'œuvre.

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