L'arrivée du chemin de fer

Suite à une enquête en 1847 il avait été prévu que le chemin de fer traverserait le Sablon sur une longueur de 1.324,50 mètres. La tranchée la plus profonde aurait 6,09 mètres de profondeur et le remblai le plus important, 1,13 mètre de hauteur.

Concernant l'écoulement des eaux, il était prévu des fossés ordinaires le long des voies. La voie à construire devait desservir Metz - Frouard et Metz - Sarrebruck.

Avant d'atteindre la lunette d'Arçon (emplacement approximatif de l’hôpital Bonsecours), la voie du chemin de fer traverserait divers sentiers et le chemin allant de la porte de la Citadelle au Sablon.

Les sentiers de culture seraient remplacés par un chemin qui longerait le tracé de la voie. Un passage à niveau serait créé.

La ligne de Metz à Sarrebruck aurait une partie commune avec la ligne de Metz à Frouard. Cette ligne sortirait une première fois du Sablon pour passer à Montigny, puis repasser à nouveau au Sablon, pour en sortir près de la Seille.

Il avait été prévu 352 mètres de remblai et 691 mètres de déblai.

Cette partie du chemin de fer rencontrerait:

  • le chemin de Marly et celui de Metz à la Horgne qui seraient modifiés et remplacés par un chemin longitudinal,
  • le chemin du Sablon à la Horgne légèrement dévié et un autre chemin transversal qui serait redressé parallèlement aux voies,
  • le chemin qui venait de la Grange Le Mercier, ainsi que les autres chemins franchiraient le chemin de fer par un pont.

Le Maire et les habitants du Sablon craignaient que la tranchée ne soit cause du dessèchement de leurs terres.

La guinguette du petit chapeau avait disparue car elle était située à l'emplacement où passerait la voie.

En juin 1848 le changement de plan au niveau du pont de la Horgne, avait été demandé par Monsieur Gérardin, le propriétaire de la ferme de la Horgne et approuvé par le conseil municipal du Sablon le 27 février suivant.

Plusieurs propriétaires du lieudit "les Ilottes" avaient demandé qu'un passage soit établi entre les chemins longeant la voie de chaque côté, pour remplacer la communication supprimée. Une passerelle pour piétons était projetée sur le chemin de la Fausse Grange (rue Saint André). Des escaliers pour y accéder étaient prévus, mais à la demande des habitants ils seraient remplacés par des remblais inclinés.

Une proposition de déviation du chemin d'Augny de 82 mètres, était prévu par un pont en maçonnerie avec des gardes-corps en fonte, au lieu d'un pont en charpente (système américain) dont la durée était restreinte, ainsi qu'il avait été constaté au pont établi face à la Horgne et qui allait être remplacé par un ouvrage en maçonnerie.

En 1849 le terrain entre la lunette d'Arçon et le chemin de fer, avait besoin d'être débardé, de manière à voir le fond de la tranchée. Après le décapage les terrains devenus inutiles seraient rendus à la culture. La terre végétale qui serait conservée servirait à recouvrir les terrains dénudés. En outre les propriétaires seraient indemnisés.

Guinguette appartenant à Etienne BelloLes chemins du lieudit "Beaudoin" seraient supprimés et compris dans le nouveau polygone du génie. Une voie contournant le polygone traverserait le chemin de fer par un passage à barrière, pour rejoindre le chemin de la Fontaine Brûlée (passage du Sablon).

Plan du chemin de ferPour l'acquisition des terrains, la commune du Sablon recevrait la somme de 1.032 francs et pour l'occupation provisoire le chemin de fer payerait la somme de 1.309,40 francs.

En octobre 1849 des propriétaires avaient été expropriés de leurs terres qui se trouvaient sur l’emplacement du chemin de fer.

  • François Guénot qui avait demandé 3.500 francs pour 10,07 ares, section B sur la ville, avait reçu une offre de 3.500 francs.
  • Joseph Revol qui avait demandé 1.432 francs pour une sablière de 11,30 ares et deux terrains de 3,20 ares, lieudit les moulins à vent avait reçu une offre de 450 francs.
  • François Fabert qui avait demandé 778 francs pour 5,19 ares, lieudit les blancs bonnets, avait reçu une offre de 467,10 francs.
  • Jean Woirgard qui avait demandé 358 francs pour 2,15 ares, lieudit l'orme aux chiens , avait reçu une offre 193,50 francs.
  • Sébastien Boistaux qui avait demandé 1294 francs pour 4,40 ares lieudit saint André , avait reçu une offre de 500 francs.
  • Pierre Brion qui avait demandé 200 francs pour 0,68 ares lieudit Saint André , avait reçu une offre de 68 francs.
  • Pierre Irénée Gobert qui avait demandé 3000 francs pour 12,40 ares lieudit les moulins à vent , avait reçu une offre de 875 francs.


La compagnie du chemin de fer avait fait des plantations le long du chemin qui reliait la porte Saint Thiébault à la fontaine brûlée, en remplacement des 85 arbres abattus sur la route des Beaudoins.

Le 27 janvier 1851 vers 19 heures 30, un incendie avait éclaté dans un atelier de construction, non loin de l'église. Ce bâtiment entièrement en bois servait de dépôt à la société des chemins de fer. Des planches et autres matériaux avaient été entièrement détruits. Seuls des chevaux qui se trouvaient à l'intérieur avaient pu être sauvés. A 20 heures 30 l'incendie s'était développé et il avait fallu préserver les habitations voisines.

Un nouvel atelier avait été construit en face de celui incendié et des pommes de terre avaient été plantées à l'emplacement de l'ancien bâtiment.

Avec la construction de la gare et du chemin de fer, des aubergistes s'étaient installés. En octobre 1850 le sieur Altemayer avait été autorisé à ouvrir jusqu'à l'arrivée des derniers convois. Son auberge servait de restaurant ainsi que de salle d'attente pour les voyageurs.

Le 25 juin 1851 la police du Sablon avait dressé une contravention au sieur Altemaier pour être resté ouvert après 21 heures. L'aubergiste avait protesté, précisant qu'il avait une autorisation d'ouverture jusqu'à 22 heures.

En juillet de la même année Christophe Merlin, dont l'auberge se situait à proximité de la gare, avait sollicité une autorisation permanente pour nourrir et loger à toute heure de la nuit, les employés et les voyageurs du chemin de fer. Il employait cinq personnes et recevait la nuit beaucoup de monde venant demander son assistance.

Concernant cette autorisation le Maire n'y voyait pas d'inconvénient, sa conduite étant irréprochable et sa maison très bien tenue. Il savait refuser avec fermeté les personnes risquant de troubler la tranquillité publique. En outre, la gendarmerie exerçait une surveillance très active, les gardes-champêtres faisant des rondes de nuit.

Durant l'été 1851 le ponceau situé près de la Fontaine Brulée avait déversé de grandes quantités d'eau, provenant du lavoir situé dans un terrain supérieur, ainsi que des eaux pluviales de la nouvelle route se dirigeant à la barrière de la gare. Ces eaux avaient entraîné du sable et de la terre, bouchant l'orifice et inondant le terrain. Le ponceau avait été déplacé sur le côté de la nouvelle route, de manière à faire écouler les eaux dans le fossé.

Le 10 mars 1852 un premier essai de transport de la cavalerie par voie ferrée avait eu lieu. Les hommes et les chevaux placés dans des wagons spéciaux avaient parcouru à grande vitesse une certaine distance, puis étaient revenus à leur point de départ, mettant pied à terre sans accident. Le lendemain un même exercice avec l'artillerie n'avait donné lieu à aucun incident.

Le 12 mars 1854 un inconnu avait été trouvé mort sur la voie du chemin de fer. Il était tombé du pont de la Horgne lors du passage d'un train. Agé d'environ 45 ans, yeux bleus, portant barbe et moustache, il était vêtu d'une blouse en coton bleu presque neuve, d'un pantalon rayé bleu, d'une chemise blanche avec une cravate noire, d'une casquette et de souliers napolitains, et n'avait sur lui aucun papier.

Au printemps 1865 les matériaux nécessaires au ballast de la ligne en construction, et des voies d'accès au lieudit la Foire et la Sablonnière avaient nécessité l'occupation temporaire de sept parcelles de terrain. Ces parcelles comprenant des sentiers, avaient été abaissées au niveau des terrains environnants. Lorsque l'occupation avait cessé, les sentiers avaient été rendus à leur ancien usage et raccordés aux chemins publics, auxquels ils aboutissaient précédemment.

La commune avait vendu au chemin de fer les terrains lui appartenant, les sieurs Simon et Ancel en avaient accepté l'occupation temporaire. Quant au sieur Barba il voulait absolument vendre son terrain à la compagnie qui n'en voulait pas, l'occupation de ce terrain n'ayant été que temporaire pour servir de passage.

En 1870 la Compagnie des chemins de fer, qui était propriétaire de tous les terrains, avait décidé qu'une gare de triage serait établie dans le triangle du Sablon.

La construction de la ligne Metz - Nancy avait presque détaché du Sablon, la partie de son territoire dit "Les Loges". Montigny aurait voulu annexer cette portion de territoire, mais la création d'un pont en maçonnerie, avec voie carrossable avait soudé "Les Loges" à la commune du Sablon et plusieurs nouveaux chemins avaient amélioré les communications existantes.

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