Franconrue ou rue du Pontiffroy

L’ancienne rue du Pontiffroy commençait au pont Saint Georges et se terminait à la Moselle au pont du même nom. La rue s’appelait alternativement Franconrue ou rue du Pontiffroy. En 1792 elle avait pris le nom de rue du pont de Thionville, puis en 1799 elle était définitivement devenue rue du Pontiffroy.

D’après la chronique rimée de Metz, le pont étant en bois, un nommé Thiffridus le fit reconstruire en pierre et celui-ci prit le nom de Pont Thieffroy. En 1324 les bateliers faisaient le service d’un côté à l’autre de la Moselle puisque le pont en bois n’avait pas encore été reconstruit en pierre. C’était l’hôpital Saint Nicolas qui était chargé de la reconstruction du pont à raison d’une arche par année. En 1750 la ville avait fait démolir huit arches du pont qui menaçaient ruine.

Plusieurs ruelles se trouvaient en Franconrue :

  • La ruelle de Lormexel ou de Lorméché près de la porte du Pontiffroy,
  • La ruelle Flore devenue la rue Fleurette, avait été réduite à l’état de cul de sac par la création à son extrémité, du côté de la caserne, d’un magasin de pompes à incendie qui avait été démoli en 1886 à la demande des habitants du quartier. La rue avait été élargie vers 1890 et une ouverture établie vers la rue des fumiers.
  • Ponsa ruelle ou ponsalruelle ou Ponsarue dite à la porte en Franconrue,
  • La ruelle Rechalat vers la grange de la rue Paiemal,
  • La ruelle des fossés où se trouvaient un puits, une maison et une grange. Ces bâtiments avaient été détruits lors de la construction des fortifications,
  • La ruelle Maillote,
  • La ruelle Chaillot avait été supprimée en 1717 pour construire une maison sur son emplacement,
  • La ruelle Jeurney était proche de Chambière,
  • La Ruelle Benoît,
  • La rue Guelpart proche du Pont Saint Georges.

Au 14ème siècle certains terrains de la rue étaient plantés en vignes. Il y avait également des espaces découverts conservés en nature de prés, appartenant à la ville et servant lors de siège à faire paître à l’abri des murailles une herde (troupeau) composée d’animaux de boucherie appartenant à tous les habitants du quartier et conservés pour l’alimentation de ceux-ci. Le 26 mars 1490 une troupe armée avait voulu s’emparer du troupeau de Franconrue qui paissait près de Saint Eloy. Les habitants prévenus à temps s’étaient élancés à la poursuite des pillards pour récupérer leur bien.

Le jour de la Sainte Marguerite il était défendu de vendre des chandelles de cire dans les rues, entre autre de la porte du pont des Morts à la porte du Pontiffroy et devant la poterne de Chambière

Au 15ème siècle il existait dans la rue, une forge, un colombier, une maison appelée Thur-Pource c'est-à-dire tour aux puces, l’hostellerie de la licorne avec écurie et chambre. En 1643 avait été donnée la permission à l’hôtelier à l’enseigne de la tête noire, de pendre le tableau de la grande tête noire devant la maison faisant l’angle de la rue tour aux rats et Pontiffroy.

Lors de l’hiver 1470 un bloc de glace avait heurté la digue de Wadrineau y faisant une brèche importante qui empêchait l’eau d’arriver à Metz par les deux canaux à ciel ouvert, destinés l’un à la navigation pour le transport des marchandises, l’autre à l’alimentation des moulins. Il avait fallu recourir à des chevaux pour le fonctionnement des moulins, dont celui établi en Franconrue (mais également les moulins de la basse et haute Seille).

Un château appelé Bellouvairts (boulevard) analogue à celui du pont des Morts, se trouvait à la porte du Pontiffroy. Jehan le Munier au 16ème siècle en était le châtelain, alors que Jean Morlet en était le baixe wairde. Le 29 janvier 1604 ce château avait été incendié. En 1738 lors de la démolition du château, il avait été remplacé par la construction de la continuation du rempart sous lequel une voûte permettait le passage pour sortir de la ville. Le rempart et la voûte avaient été supprimés en 1901. Les murs de la voûte avaient une grande épaisseur formée de plusieurs maçonneries. En démolissant le rempart pour élargir l’entrée de la ville, des restes d’anciennes constructions avaient été trouvés dont notamment une partie ogivale.

L’hôpital du Pontiffroy situé près de la porte du même nom avait été réuni en 1222 à l’hôpital Saint Nicolas. Leurs bâtiments avaient été ensuite occupés par l’abbaye du Pontiffroy et détruits en 1565.

Le 9 décembre 1503 un incendie s’était déclaré dans le grenier rempli de blé d’une maison, et lorsqu’on le croyait éteint il s’était rallumé dû à l’imprudence d’un batteur en grange.

Au 17ème/18ème siècle se trouvaient dans cette rue un magasin à sel et un pressoir.

La congrégation de notre Dame s’était établie en 1672 rue du Pontiffroy dans une vaste demeure voisine de l’église Saint Livier, qui aboutissait à la rue Saint Médard. Une chapelle donnant sur la rue du Pontiffroy y avait été élevée en 1755. Lors des fouilles faites à cette occasion, des débris, une mosaïque et un bas relief avaient été découverts.

Collection D. MahutLes religieux de Saint Clément après la destruction en 1552 de leur abbaye du Sablon, avaient séjourné quelques temps au monastère des pucelles à la Vignotte. Puis ils s’étaient installés en Franconrue à l’hôtel de la Licorne où en 1680 ils avaient construit leur monastère et terminé en 1720 par la façade de l’église. En 1734 construction des bâtiments claustraux du coté de Saint Livier et pour construire la porte du parloir il avait fallu combler et voûter un puits qui existait sous le jambage de cette porte. Après la révolution les bâtiments étaient passés au domaine de l’état et avaient servi de magasins militaires. Puis les jésuites en avaient fait l’acquisition, avaient réparé les dégâts et avait ouvert leur collège qui avait connu un grand développement. Le collège s’étendait dans la rue Saint Clément, des Bénédictins et du Pontiffroy. En 1870 il avait été transformé en ambulance militaire. En 1872 à nouveau ouvert le collège faisant concurrence au collège allemand, les pères et les élèves avaient été expulsés, seul le gardien était resté.

Au début du 18ème siècle un grand incendie était survenu près de Saint Clément.

En 1757 la fontaine de la place Croix outre Moselle près de Saint Livier avait été transférée contre le bâtiment de l’école. Pour élargir la place de la Croix outre Moselle une partie de la rue du Pontiffroy avait été détruite.

Par arrêté du maire en date du 12 janvier 1819, la petite église proche de la porte du Pontiffroy était destiné à l’abattage et au grillage des porcs.

Le pont-levis du Pontiffroy avait été reconstruit en 1843.

Quelques vestiges de l'église Saint Livier vers 1970En 1845 démolition des derniers vestiges de l’église Saint Livier qui se trouvait entre l’arrière de la maison n° 1 de la rue du Pontiffroy et la rue Saint Médard. Sur ce terrain construction de deux maisons dont les entrées se trouvaient rue Saint Médard.

En 1849 la société révolutionnaire dite « l’union des travailleurs » ayant son siège au n° 15 avait été dissoute par la police.

La rue du Pontiffroy était un centre commercial et en 1846 on y trouvait une importante fabrique de peluches.

Au n° 72 monsieur Paquet avait une précieuse collection d’antiquités sauvée du vandalisme révolutionnaire. Après lui cette collection avait été dispersée.

En 1870 se trouvaient au n° 7 le Charcutier Nicolas, au n° 13 les écoles, au n° 15 le chapelier Kraft, aux n° 26/28 - 46/48 - 56/58 les jésuites.

Les différents commerces de la rue en 1936 __

n° 1 mercerie, n° 3 encadreur, n° 7/9 Les Eco, n° 11 épicerie, n° 13 Brasserie de la République, n° 17/19 épicerie, n° 21 voitures d’enfants, n° 23 café Saint Clément, n° 25 épicerie, n° 27 pension de famille, n° 29 confiserie, n° 31 épicerie, n° 33 bonneterie, n° 35 Sanal, n° 37 boucherie, n° 39 bar Antoine, n° 41 tabac, n° 43 coiffeur, n° 45 boulanger-pâtissier, cordonnier, n° 47 boucherie, n° 49 orthopédiste, masseur, n° 51 boucherie, épicerie, n° 53 pension de famille, n° 55 café du Lion d’or, n° 57 cordonnier, n° 59 cafetier, horloger, n° 61 confiserie, marchand de bouteilles, n° 63 épicerie, n° 65 laiterie, n° 67 fruits et légumes, n° 69 Taverne Alsacienne, n° 71 tailleur, n° 91 cafetier, n° 93 épicier, n° 95/97 vins au détail, n°99 boulangerie, n° 101 épicerie, n° 103 coiffeur, n° 105 tailleur, n° 107 fabrique de chaussures, n° 109 raccommodeur de sacs, n° 111 bar Pierre.

N° 2 quincaillier, n° 4 coiffeur, modiste, n° 6 bonneterie, n° 8 épicerie, n° 10 épicerie, n° 12 boucherie chevaline, n° 14 poissonnerie, n° 18 bicyclettes, n° 24 Au bonheur des poilus, effets militaires, n° 26 boucherie, n° 28 école Saint Clément, n° 30 coiffeur, n° 36 tailleur, n° 38 couturière, n° 40 teintureries réunies, n° 42 bijoutier, n° 44 coiffeur, n° 46 l’étoile, manufacture de bonneterie, n° 48 tabac, n° 50 cordonnerie, n° 52 boulangerie, n° 54 cordonnier, n° 56 bonneterie, n° 58 fabricant de chemises, n° 60 épicerie, n° 62 Parapluies, n° 64 serrurerie ferronnerie d’art, n° 66/68 boulangerie, n° 70 café de la Gaîté, n° 74 coiffeur, mercerie, n° 76 droguerie moderne, boucherie, n° 78 boulangerie, n° 80 boucherie, cordonnerie, n° 82 Les Eco, n° 84 café des trois pigeons, n° 86 blanchisserie, n° 88 coiffeur, articles de pêche, n° 92 ferblantier, n° 94/96 tabac, n° 98 boulangerie, n° 100 café de l’Etoile, n° 102 café du fer à cheval.

Poissonnerie Réparation auto Usine d'électricité Entreprise électrique Landaus Quincaillerie Droguerie Usine d'électricité Quentin Charbon Schloupt Winter Serrurerie

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Fil des commentaires de ce billet

richou

Bonjour je suis Richard Sylwestrzak je cherche d'anciens et d'anciennes amies du Pontif.Pour cela voici mon N° de telephone 06 14 22 65 16
mail richard.sylwestrzak@sfr.fr

richou jeudi, 12 décembre 2019 - 06:35
MARTINE

Bonjour,
Ma mère me parlait du Palace grand restaurant ou elle y a travaillé comme serveuse dans les années 50 60 70 je ne connais pas les dates éxactes elle s appelait Ginette PELLAT donc si quelqu un l a connue faites moi signe

MARTINE dimanche, 24 novembre 2019 - 04:58
Michèle

Pour Eric Mansion
Vers 1936 le cafetier du café du fer à cheval se nommait Math. Trapp.
Était ce votre grand père ?
Quand au propriétaire de l'immeuble un nommé Gillio de Moyeuvre.

Michèle jeudi, 31 octobre 2019 - 17:16
Eric Mansion

bien vu votre site . Je viens de retrouver l 'adresse de mon grand pere qui tenait le cafe du fer à cheval . Je vais du reste retrouver la carte postale que j'ai reçu ne heritage ou l'on voit les principaux protagonistes poser devant l etablissement . Cela pourra enrichir votre blle promenade

Eric Mansion mardi, 29 octobre 2019 - 18:11
Bernard KOVACS

Bonsoir, je viens de lire un article sur les salles de cinéma de Metz dans le Répu, et ils omis de dire qu'il y avait une salle de cinéma, le Lux au Sablon. et je crois me souvenir vaguement pour y être passé à coté, qu'il y avait eu aussi une salle au Pontiffroy, le Caméo, est ce que vous pourriez le confirmer? Merci!

Bernard KOVACS dimanche, 1 septembre 2019 - 18:42
Michèle

Concernant la maison 38/40 rue Saint Marcel, en 1936 elle appartenait à l'avocat Foret qui habitait au 6 rue Châtillon. Dans la loge le concierge était Luc Noizette en 1936.

Michèle mardi, 27 août 2019 - 17:30
Clm 57

Bonjour,
Je suis toujours autant passionnée par ce que vous nous racontez!
Auriez vous des informations sur l hôtel Quentin rue st Clément a côté de la place d Arros ainsi que celui très beau, en train d être ravalé, dans la fin de la rue St Marcel, vers le num 38 ou 40, en face de Fabert? Merci beaucoup & bravo!!

Clm 57 lundi, 26 août 2019 - 02:07
zizou

bonjour est ce qu'ont pourrait se parler svp

zizou vendredi, 12 juin 2009 - 19:13
SACKSTEDER

Merci pour ces précisions intéressantes et cet historique. Quelles sont vos sources, en particulier pour la chronique rimée de Metz ? J'ai moi-même quelques documents anciens numérisés concernant l'histoire de Metz. J'ai habité au n 43 en 1956; mon grand-père y avait un atelier de menuiserie .

SACKSTEDER jeudi, 20 novembre 2008 - 12:05

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