La bataille de Fleurus

Une seule armée appelée Sambre et Meuse s'élevait à 66.000 hommes environ et fut mise sous les ordres du Général Jourdan qui résolut de passer la Sambre et d'investir Charleroi. L'attaque commença le 8 Messidor au matin.

Les français d'abord repoussés étaient parvenus à rétablir le combat sur tous les points. Morlot replié à Gosselies s'y maintenait. Charleroi appartenait aux français. Cette bataille décisive qui fut l'une des plus acharnée de la campagne se livra entre deux armées d'environ 80.000 hommes chacune. Elle s'appela bataille de Fleurus.

Dans l'état des services de Morlot, à ses actions d'éclat il est indiqué qu'à Arlon il enleva en un instant la position la plus difficile. Le 28 prairial sur les champs de Fleurus, il prit sept pièces de canon. Il eut le manteau percé par un boulet et son cheval fut atteint.

Le 7 messidor il monta dans l'aérostat pour reconnaître et observer les positions de l'ennemi.

Les aérostats aux armées de la République

Un décret de la Convention Nationale venait d'ordonner la formation d'une compagnie de 50 hommes pour appliquer aux opérations militaires la nouvelle découverte des aérostats.

Près de Maubeuge, la place débloquée d'un seul coté, le vaste jardin de l'ancien collège servit aux travaux. Le jardin devait servir à l'établissement des fourneaux. Ce n'était point simple d'obtenir le gaz, il fallait dégager le gaz hydrogène de l'oxygène par la décomposition de l'eau sur le fer rougi à blanc, et pour y parvenir, voici comment on procédait:

La construction du fourneau On construisait un grand fourneau à réverbère garni de deux cheminées à chaque bout. Le fourneau en brique solidement établi, on y plaçait sept tubes de fonte venant du Creusot, que l'on emplissait de limaille et de tournure de fer, purgée de rouille. Ces tubes remplis et futés aux deux bouts, placés dans le fourneau, quatre dessous et trois dessus, étaient clos mastiqués par d'autres briques, de manière qu'il ne restât que deux ou trois regards.

A un des cotés du fourneau , on plaçait une cuve longue et élevée, qui par de petits tuyaux adaptés fournissait de l'eau à chaque tube. A l’autre bout du fourneau, on posait une autre grande cuve carrée, remplie d'eau saturée de chaux, dans laquelle le gaz devait s'échapper pour s'y purger de son carbonne.

La préparation du feu Ces préparatifs terminés, on faisait dans chacune des cheminées un grand feu de menu bois qui était entretenu jusqu'à ce que les tubes de fonte fussent rougis à blanc : l'eau descendant de la cuve supérieure dans chacun des tubes ainsi rougis, y déposait sa portion d'oxygène, tandis que l'hydrogène passait dans la cuve inférieure et se purgeant du carbone, se rendait par excès de légèreté dans un tuyau de caoutchouc qui l'introduisait dans le globe aérostatique, lequel se gonflait à mesure qu'il se remplissait.

Le feu devait être entretenu de manière à ce que la chaleur et la flamme restassent également réparties sur tous les tubes. Il fallait veiller à ce qu'il ne se format sur aucun d'eux, ni coulure ,ni fente qui pussent donner passage aux gaz, et s'il se produisait une fuite, ce qu'on apercevait par l'apparition d'une petite flamme bleuâtre, il fallait l'arrêter.

L'opération de remplissage, indépendamment de la construction et de l'installation des appareils, durait de 36 à 40 heures, pendant lesquelles on ne pouvait pas quitter les fourneaux.

Les fourneaux furent achevés, l'aérostat fut gonflé pour la première ascension. L'aérostat enlevait deux personnes et 120 à 140 livres de lest fait de terre et de sable enfermé dans des sacs en toile, qu'on vidait à mesure de la déperdition de la force ascensionnelle. Pour que l'aérostat demeura stationnaire on avait adapté à la corde hémisphérique du filet deux autres cordes d'environ 400 mètres de longueur qu'on pouvait en cas de besoin allonger jusqu'à 1.800 pieds.

La première ascension La première ascension se fit au bruit du canon et aux hourras de la garnison. Le rapport fait par l'officier de génie à sa descente fut clair et il paraissait impossible que l'ennemi fasse un mouvement qui ne fut aussitôt connu. L'effet produit dans le camp autrichien par ce spectacle si nouveau fut immense, et les chefs ne tardèrent pas à s'apercevoir que leurs soldats croyaient avoir affaire à des sorciers.

L'armée de Sambre et Meuse, aux ordres du général Jourdan, se portait rapidement sur la Meuse et déjà Charleroi était investi. L'idée de se servir de l'aérostat vint aux chefs et les nombreux obstacles qui se présentaient ne firent qu'exciter leur impatience.

L'aérostat était rempli et il fallait le faire sortir d'une ville entourée de triples remparts et gardée de trois cotés. Une machine ronde de plus de 30 pieds de diamètre, élevée de plus de 30 pieds du sol ne passe pas inaperçue. Il fallut un jour et une nuit pour les préparatifs.

Le transfert du ballon L'hémisphère du filet fut garni de 16 cordes d'une longueur suffisante. Un homme fut chargé de chacune des cordes. Vers deux heures du matin, le ballon fut amené près du premier rempart qui jouxtait le collège. Les échelles étaient prêtes pour la descente dans le premier fossé : une moitié des 16 hommes descendit en allongeant les cordes, tandis que l'autre moitié attendait sur le revers. Celle ci descendit à son tour, pendant que l'autre moitié remontait, de façon que l'aérostat ne dépasse pas ou de très peu la crête des glacis. Les trois enceintes furent franchies de cette manière et dans le silence.

Le ballon avait gagné la route de Namur, mais au lever du soleil, le vent s'éleva sur la route bordée de grands pommiers. Il était à craindre que le vent ne jette le ballon sur les branches au risque de le déchirer. Il fallut donc prendre à travers champs. Etant à fin juin, la chaleur était étouffante, et les chemins servant surtout au transport des houilles et des charbons étaient couverts d'une poussière noire. Vers le soir, le général en chef suivi de son état major, avec la musique militaire, vint au devant de l'aérostat pour lui faire honneur et le conduisit musique en tête jusqu'à une ferme brûlée. L'armée venait de débloquer Charleroy et le quartier général avec l'aérostat s'établit au village de Gosselies où se trouvait Morlot.

le représentant Saint Just Le général Jourdan  et le  représentant  Saint Just étaient en grande conférence Le 8 messidor (26 juin 1794) dès 4 heures du matin, l'ordre fut donné de se rendre sur le plateau du moulin de Jumey où se plaçait le quartier général. L'aérostat s'était élevé et au pied du moulin le général Jourdan et le représentant Saint Just étaient en grande conférence.


Le mouvement de retraite Les soldats ne songeaient qu'à déjeuner, pendant que le capitaine et le général Morlot, élevés à plus de 1.200 pieds s'occupaient de leurs observations. Vers midi, les communications des observateurs avec la terre devinrent plus fréquentes. Elles avaient lieu au moyen de sacs de lest dont on annonçait l'envoi par des signaux. Les sacs contenaient un écrit qui était remis au Général. Les figures des messieurs de l'état major se rembrunissaient. Le canon semblait se rapprocher dans toutes les directions, et deux heures plus tard le mouvement de retraite fut annoncé.


On amenait de nombreux prisonniers au quartier général ; tous ces hommes regardaient d'un oeil stupide cette énorme machine dans les airs, et certains étaient prêts à se jeter à genoux et à l'adorer, alors que d'autres lui montrant le poing répétaient "espions, espions, pendus si vous êtes pris"


Les soldats qui avaient trouvé du lait pour la soupe s'apprêtaient à la manger pendant que l'aérostat restait immobile et que la retraite s'effectuait sur toute la ligne. A 5 heures du soir vint le signal de descendre l'aérostat et de suivre le mouvement de retraite.

Tout à coup le canon s'arrêta. Les deux ailes de l'armée avaient fléchis pendant toute la journée mais le centre avait maintenu ses positions. Quand cette colonne parut devant Charleroy, l'artillerie avait ouvert un feu épouvantable tel, que les autrichiens surpris avaient abandonné leurs pièces et une déroute totale s'en était suivie.

L'aérostat avait été élevé pendant dix heures consécutives, on ne peut nier que son effet matériel et moral n'eut participé au succès. Il avait porté une espèce de découragement parmi les soldats étrangers qui n'avaient nulle idée d'une chose pareille.

Le transport du ballon démonté Les mouvements de l'artillerie et des masses ennemies avaient été signalés au général Jourdan aussitôt qu'effectués, et s'ils étaient modifiés, une communication du général Morlot en prévenait sur le champ. Cet avantage était immense, mais sans la reddition de Charleroy, il est probable qu'ils s'en seraient fort mal tirés. En arrivant à Charleroy, avec pour abri une maison percée par les boulets, il fallut dormir sur la paille sans avoir soupé.

Le lendemain l'armée partit vers Bruxelles et Namur en passant par Gosselies et campa dans le bourg de Fleurus qui venait de donner son nom à la bataille. L'ennemi s'était fortifié à la bifurcation des chemins de Bruxelles et de Namur au lieudit "les quatre bras". Il fallut emporter cette position par une nouvelle bataille assez sérieuse et qui dura toute une journée, mais ensuite la route de Bruxelles fut libre.

Le ballon dénommé «L’Entreprenant»

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