L’armée

Antoine Morlot, dit Olivier, entre dans le corps royal de l'artillerie, compagnie d'ouvriers de Croyé de Reûille, le 7 décembre 1782 à l'âge de seize ans et demi. Il y reste pendant sept ans. Il obtient son congé militaire le 28 septembre 1790 âgé de vingt quatre ans. Il est alors premier ouvrier menuisier. Sa taille est de 5 pieds, 7 pouces, 9 lignes, chaussé. Il touche sa part de bourse commune, sa part de linge et chaussure, sa part de la bourse des morts, de la masse des amendes et de la masse d'infirmerie, ainsi que sa part de travail , pour un montant d'environ 43 livres.

Le général Morlot Le 16 juillet 1791, environ 300 habitants de Rombas (Moselle) viennent à Mondelange dans l’intention d’égorger le curé qu’ils ne trouvent pas car les résidents du lieu l’ont caché dans une autre maison que la sienne. Les agresseurs reviennent le soir et les paroissiens du curé lui demandent de se sauver ce qu’il refuse. Quand on frappe à sa porte il ouvre et découvre 4 hommes armés de haches. Il se sauve alors par la grange et les jardins. Le maire prévenu, accompagné de plusieurs de ses concitoyens, ordonne « arrêtez » ce qui les freine dans leur poursuite. Le citoyen Morlot, depuis octobre 1790 capitaine de la garde nationale de Richemont et Mondelange, [1] rejoint les personnes qui voulaient assassiner le curé et par le ton d’autorité que sa qualité de capitaine lui donne, il met fin à cette agression.

Un procès verbal d'élection en date du 15 juin 1792, rapporte qu'Antoine Morlot a obtenu la majorité des voix (vote des officiers et sous officiers) pour une place de capitaine au 3ème bataillon des volontaires nationaux de la Moselle.

Le 1er nivose de l'an 2 (21-12-1793) le Général Hoche, commandant l'armée de la Moselle depuis octobre 1793, écrit à Antoine Morlot:

Tu voudras bien faire conduire dans les prisons de Bitche le citoyen Belain dont tu me parles dans ta lettre. Tu voudras bien t'y conformer en ne laissant rien qui vaille dans Deux-Ponts: Tu dois à cet effet te munir de beaucoup de charrettes et envoyer le tout à Bitche. Le mot d'ordre du 2 nivos est: frapper sans culottes.

Le général Hoche Deux jours plus tard, le Général Hoche donne ordre à Morlot de partir avec sa division pour Pirmasens. Pour cette expédition aussi brillante que délicate, ils doivent marcher de nuit, être animés du feu sacré de la liberté et l'emporter par l'adresse et non par la force. Morlot fait une action d'éclat ouvrant entièrement le Palatinat à l'armée française.

Le 12 nivose suivant (1-1-1794) le Général Hoche ordonne à Morlot, de se rendre avec sa brigade à Turkheim, pour y faire une réquisition de 60.000 rations de pain. Un corps de cavalerie, passe sous ses ordres et l'attend à Spiredorff. Le lendemain à Morlot envoyé à Grunstatt, il est rappelé de songer aux contributions, qu’il doit verser au trésor. Au besoin il peut se faire aider d'une brigade supplémentaire.

De Neusthad, Hoche lui écrit ceci:

Il est fort joli à toi de faire faire 30.000 paires de pain, mais ce que tu exigeras sur le champs, c'est 150.000 livres en numéraire, qui devront être versé après demain, et 4.000 paires de souliers, autant de chemises, vestes, culottes, et habits, et en outre, tous les draps, cuirs, et toiles du pays. La cavalerie te joindra demain matin, envoie le régiment des dragons à Championnet à Fridelsheim, il est bon que tu correspondes avec lui. Des boeufs, des chevaux, et ne prends plus rien de l'intérieur, fais rentrer sur le territoire de la République, tout ce qui lui est propre.

Il est rejoint par le Général Hoche, qui le félicite de son coup d’éclat :

Par ordre du Général en chef, il donna l'assaut des redoutes à la position de Morlotte, près Kayserslautern, avec cinq bataillons. Après avoir perdu quinze cents hommes, en vingt minutes, il ordonna la retraite à temps, pour éviter d'être entièrement enveloppé par la cavalerie ennemie, qui venait le prendre à dos. Il rallia ses troupes et les reconduisit de suite en ligne sur le champ de bataille, où le Général en chef Hoche l'embrassa en le comblant d'éloges et en exigeant qu'il acceptât le grade de Général de division. Le lendemain il protégea la retraite de toute l'armée, avec quatre bataillons. Il se retira sans être entamé par la cavalerie ennemie qui le poursuivait, et rejoignit le corps d'armée, quoiqu'il se trouvât sans munition.

Le 26 nivose le Général Hoche demande à Morlot d'écrire à St Cyr pour qu'il s'informe.

Quels sont les habitants de Morsheim qui les ont conduits aux ennemis et assassinés nos frères. Que leurs maisons soient rasées sur le champ et leur propriété détruite à jamais. Cet exemple proclamé en langue du pays, fera trembler les autres habitants.

Morlot est chargé de cette vengeance nationale.

Le 9 pluviose (28-1-1794) Morlot reçoit son brevet de Général de division.


Le 25 pluviose (13-2-1794) à Thionville, Morlot arrivant du Palatinat, dépose une caisse contenant un sac de farine et un vieux chaudron de cuivre, ainsi qu’un cheval boiteux avec une petite voiture, provenant des prises du Palatinat. Le 7 ventose (25-2-1794) le Général de brigade Péduchelle, commandant à Thionville, certifie que Morlot s'est trouvé au blocus de Thionville, a fait la campagne de Trèves, et n'a quitté le bataillon que lorsqu'il fut nommé Général, au moment où il était au camp de Sarreguemines.

Notes

[1] Richemont était une bourgade rurale d’environ 550 à 580 habitants

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