Le Sablon commercial...

Le commerce du Sablon était différent au début des années 60. Un autre niveau de vie et d'autres habitudes. Les petites épiceries fleurissaient. Le Sanal, rue Lothaire. Monsieur Adnet nous attendais dans son épicerie, blouse bleue, crayon sur l'oreille et un petit bloc à la main. Nous rentrions avec notre liste de courses. Pas questions de réfléchir et d'hésiter. On ne prenait que le strict minimum. Le lait était vendu en berlingot. Je ne sais pas qui avait inventé cette forme, mais c'était inrangeable dans un frigo.

Au coin de la sente à My, il y avait une autre épicerie, les Ecco tenus par Monsieur Fuchs. Le fils était un copain de classe.

En face, c'était la boucherie charcuterie Fici. En haut de la rue Lothaire, c'était le Kiravi, du nom d'un bon vin, le villebrequin de l'estomac.

Rue des Robert, c'était le Vin de la graffe je crois. A côté, le laitier. Dans sa boutique fleurait une bonne odeur de lait sorti tout droit d'une vache, sans transformation. Il était conservé en vrac dans deux grandes cuves. Le marchand nous servait de grandes louches dans nos pots en alu.

Plus haut, la boulangerie Marigiola, puis un autre propriétaire. Les petis pains au lait, les petites barres de chocolat et les bonbons à 1cts.

En face, il y avait un marchand de charbon.

Rue de la Chapelle, il y avait un coiffeur. Dans sa boutique vieillotte, je me rappelle d'une tête en bois noir posée sur l'évier. Elle était fendue en deux dans le sens de la hauteur. Il y avait une pub pour les parfums Pivert. Les coupes étaient les mêmes pour tous: Bien dégagé derrière les oreilles et une ration de brillantine Roja Flores. On n'était plus embêté par les mouches et les moustiques pendant plusieurs jours.

En remontant, il y avait le menuisier, monsieur Tison, dont le fils était aussi un pote. En face, une droguerie et la boulangerie Mousin. Une vieille boulangerie à l'ancienne, de vieux comptoirs en bois sombre. Sa spécialité étaient les lunettes; une sorte de 8 en brioche et de la crème dans les deux trous.

En face, il y avait un vendeur de vêtements. Une rumeur récurente l'accusait de traite des blanches. Les jeunes filles qui rentraient, disparaissaient et se retrouvaient à Tanger ou Beyrouth.

De l'autre côté du carrefour, il y avait une pharmacie et en face, le libraire, Hebtin. Spirou, Pilote, Mickey, Blek le rock, Akim, Tout l'univers, Fripounet, etc...

En haut de la rue St Livier, il y avait la boulangerie Gillet (encore un pote). Place du Graouly. Alors là, une mention spéciale. Ils confectionnaient une tarte au fromage que ne n'ai jamais retrouvé ailleurs. Je pense que monsieur Gillet tenait la recette directement de Dieu le père. Elle était divine cette tarte. Environ 5 cm de haut, dorée sur le dessus. C'était une sorte de mousse de fromage et de crème, cuite juste ce qu'il faut. Un goût très subtil de fromage qui fondait dans la bouche. Une tarte comme ça, ça ne s'oublie pas.

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jcj

Je me souviens bien de cette épicerie et de vos parents,de mémoire vous possédiez une simca aronde break votre père s'en servait pour faire les livraisons,
Vous avez quitté le quartier pour reprendre un ECO dans le quartier gare si ma mémoire ne me fait pas défaut.
Nous étions client dans votre épicerie.
Pour info mes parents exploitait le chantier de ferraille route de Magny et enfumait tout le quartier car a cette époque il fallait brûler les pneus pour y extraire la ferraille (une belle époque mais révolue) aujourd'hui un petit barbecue et vous avez les brigades vertes a votre porte.
Nous demeurions rue Lothaire mes sœurs ainsi que moi même étions sous très haute surveillance
lorsque nous arrivions dans un magasin la boulangerie Griette par exemple car nous étions une bande de chapardeurs patentées 2 occupaient la vendeuse pendant que les autres se remplissaient
les poches de malabars,carambar,et j'en passe.

jcj samedi, 4 janvier 2014 - 02:50
michele

Un autel créé pour une procession dans la rue des Robert.

michele samedi, 24 juillet 2010 - 14:01
MOMO

DANS LA RUE DES ROBERT AU N° 17, SE TROUVAIT L EPICERIE FINE DE MES PARENTS, MR BOULANGER ET SON EPOUSE LUCIENNE, D AILLEURS ELLE S' APPELAIT CHEZ ROBERT. ELLE SE TROUVAIT A COTE DU BOUCHER CHEZ FOURNIER ET APRES IL Y AVAIT LE CREMIER.
PAPA AIMAIT BIEN FAIRE DES GRANDS ETALAGES DEVANT LE MAGASIN. JE ME RAPPELLE AUSSI QUE LORS DE CERTAINES FETES RELIGIEUSES, MAMAN PREPARAIT UN AUTEL POUR QUE LA PROCESSION SI ARRETE. QUE DE SOUVENIRS, SACHANT QUE NOUS SOMMES RESTES PRESQUE 15 ANS DANS CE QUARTIER.
IL NE FAUT PAS OUBLIER EGALEMENT UN PEU PLUS LOIN LE DROGUISTE MR ABEL
OU J AIMAIS Y ALLER POUR ACHETER DES PETITS CADEAUX OU DES JOUETS.

MOMO samedi, 24 juillet 2010 - 09:28
Sylvie

La boulangerie Gillet ....La glace Plombieres faite maison,un régal.

Le père Gillet a dû souvent se demander pourquoi cette spécialité disparaissait si vite.... C'était notre copine qui travaillait là et qui, pour 10 centimes de l'époque nous faisait des glaces à 8 boules .

Merci Mr Gillet !

Sylvie samedi, 29 décembre 2007 - 17:18
Faure

Vivait-on mieux à l'époque ? Je ne sais pas. A la réflexion, je pense que la meilleure époque c'est celle de ses jeunes années. Que la rue St Livier se couvre de banque me rend à la fois triste et me donne quelques regrets. En effet, j'en aurai volontier braqué une avec mes potes. Ca m'aurait peut-être évité d'y avoir fait toute ma carrière...


				
Faure vendredi, 9 novembre 2007 - 20:13
Michèle

Le Sablon ancien oui, mais sans télé, sans radio fréquence Metz, sans jeune animateur à cette radio pas encore née, sans internet pour communiquer, sans téléphone portable, etc...
Le Sablon ancien avec la discipline à l'école, le curé Chatam qui a marqué les esprits, les jardiniers avec bêche, râteau, brouette, etc...ce n'était pas facile tous les jours.
Impossible de choisir, le voyage dans le temps n'existe pas!!!

Michèle jeudi, 8 novembre 2007 - 14:49
Anthony

Bonjour, voilà j'ahbite rue de la chapelle, je suis de la nouvelle génération puisque je n'est que 17 ans, mais j'ai entreprit quelques recherches sur mon quartier puisque j'y suis née (clinique des Primeverts! ) Et je me rend compte que énormement de chose on changer! Maintenant rue st livier, on peut compter 7 banques ( 2 en construction) et ce n'est qu'un exemple! J'aurais tant aimer voir le sablon au temps ou vous le racontez!

Amicalemnt Anthony

Anthony mardi, 6 novembre 2007 - 00:28
Jacky

Gérard, si tu es sage, je peux te communiquer la recette de la tarte au fromage ! Pour ce qui est des petits commerces, moi je voudrais revenir sur une boulangerie qui était rue de Castelnau, à gauche en sortant de la rue Eugène Jacquot. Elle n'existe plus depuis longtemps mais j'en conserve deux souvenirs: 1 - La boulangère était super sympa ! Elle mettait les MISTRAL dans un verre transparent...Pour tirer les mistral gagnants, t'avais juste à hésiter...en essayer un, puis un autre...jusqu'à ce que tu voies, au fond du verre, le petit bout rouge de la paille de plastique bouger. Et là, tu pouvais en choisir un autre gratuit !!! 2 - L'autre souvenir plus cuisant (mais formateur), c'est quand j'avais piqué 1F sur le buffet de la cuisine pour acheter 100 petits poissons en sucre dans cette boulangerie. J'ai pas profité des confiseries, ma mère m'est tombée sur le poil avant que j'ai pu consommer ! Et ma mère, pour ce qui est des baffes, elle visait juste !

Enfin ! De tout celà il reste tout de même que les petits déjeuners du Sablon sont inégalés, que ce soit sur la région parisienne où ils ne connaissent même pas les croissants à la pâte d'amande ou au chocolat, ou ici aux USA où on trouve difficilement un croissant digne de ce nom.

Jacky vendredi, 2 novembre 2007 - 03:54

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